C1: le Real Madrid, modèle économique pour l'ambitieux PSG

C1: le Real Madrid, modèle économique pour l'ambitieux PSG
Florentino Pérez, président du Real Madrid, à Santiago Bernabeu, le 19 juin 2017JAVIER SORIANO

Entre le maître de la stratégie "galactique" et l'élève ambitieux, les chiffres restent implacables: le Real Madrid, marque de foot la plus puissante du monde, domine financièrement son adversaire européen, le Paris SG, pourtant soutenu par ses richissimes propriétaires qataris.

Près de 200 millions d'euros: c'est l'écart de chiffre d'affaires entre le Real Madrid (674,6 M EUR) et le PSG (486,2 M EUR) la saison dernière, selon le cabinet Deloitte. Un gouffre presque équivalent à l'investissement consenti par Paris cet été pour s'attacher les services de Neymar... et rattraper un jour le Real ?

. Le Real, une marque globale inégalable

Dans le monde du ballon rond, le Real Madrid est une référence sportive, avec son record de 12 titres de champion d'Europe, mais aussi économique: pendant une décennie, le club espagnol a affiché le meilleur chiffre d'affaires au monde, avant d'être récemment dépassé par Manchester United.

Cette prospérité, la "Maison blanche" la doit notamment au président Florentino Pérez (2000-2006 et depuis 2009). Ce magnat de la construction, patron de la puissante entreprise ACS, a assaini les comptes du club avec une recette simple: acheter les joueurs les plus en vue et les associer en une constellation d'étoiles, surnommées "Galactiques".

"Si le Real a les meilleurs joueurs du monde à chaque poste, les revenus ne seront pas un problème", résumait le dirigeant dans une interview à l'AFP en 2016.

D'où les recrutements des Figo, Zidane, Beckham, puis Cristiano Ronaldo, Benzema, Bale... qui ont permis ensuite de doper les revenus commerciaux.

Même si le Real est une association sportive sans but lucratif, propriété de ses quelque 90.000 "socios" (supporters-actionnaires), il possède aussi un autre atout enviable: son stade de 81.000 places, à la fois musée, centre de loisirs et salle de spectacles.

Une enceinte que le président Pérez souhaite doter d'un toit et de nouveaux espaces d'accueil (un centre commercial, voire un hôtel), soit un chantier estimé à 400 M EUR.

"C'est un stade très fréquenté, avec de larges espaces publicitaires, beaucoup de loges pour les entreprises", explique à l'AFP José Maria Gay de Liébana, professeur d'économie à l'Université de Barcelone. "Le stade Santiago-Bernabeu est une mine d'or."

Si le Real Madrid est la marque la plus puissante de la planète selon le classement 2017 du cabinet Brand Finance, le PSG (10e) est "sur cette voie", fait valoir l'économiste espagnol. "Mais si on va à l'autre bout du monde et on interroge les gens, tout le monde connaît le Real Madrid. Ce n'est pas encore le cas du PSG."

. Le PSG, un immense potentiel à exploiter

De fait, si l'on compare par exemple le nombre d'abonnés sur les réseaux sociaux (environ 190 M pour le Real contre 50 M pour le PSG), l'écart en matière de notoriété entre les deux adversaires en 8es de finale de Ligue des champions est abyssal.

Pour le PSG, les leviers "revenus stade" (90,2 M EUR contre 136,4 M pour le Real, selon Deloitte) et droits TV apparaissent encore comme des "facteurs limitants", en raison d'une enceinte appartenant à la mairie et d'un championnat moins attractif que la Liga. Mais il possède "un potentiel" au niveau de l'image qui n'a "pas encore atteint son maximum", selon le spécialiste en marketing sportif, Frank Pons.

Comment l'optimiser ? En accélérant son implantation à l'international et en imitant surtout la fameuse stratégie madrilène des "Galactiques" !

"En terme de réputation, les transferts à 400 M EUR au total de Neymar et Mbappé ont mis (Paris) sur la carte très rapidement. Ce genre de choses, qui prennent des années normalement, ils ont réussi à le faire rapidement", ajoute-t-il.

Avec l'aura de sa superstar brésilienne, le PSG peut espérer booster ses recettes commerciales (274,1 M EUR selon Deloitte) en renégociant à la hausse des contrats déjà existants, ou en scellant de nouveaux partenariats.

Autre point fort du PSG, l'implication de son puissant actionnaire qatari. Selon l'étude "Soccerex Football Finance 100" publiée début janvier et qui prend en compte d'autres facteurs comme l'argent en banque, l'investissement potentiel du propriétaire ou la dette, le PSG (3e) se classe devant le club madrilène (6e).

"Cela en dit un peu plus sur sa capacité à se rapprocher du Real", explique Frank Pons. Un tel pouvoir reste cependant limité par l'UEFA, comme en témoigne l'enquête lancée à son encontre dans le cadre du fair-play financier.

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