En ce moment
 

Calanques: solution en 2019 chez Alteo pour l'aluminium et l'arsenic

Calanques: solution en 2019 chez Alteo pour l'aluminium et l'arsenic
Conduits d'évacuation de l'usine d'alumine Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône) qui rejette ses eaux polluées dans le Parc national des calanques, le 5 avril 2017 BORIS HORVAT

Autorisée à rejeter ses eaux polluées dans le Parc national des calanques, l'usine d'alumine Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône) entend faire passer dès 2019 ses rejets d'aluminium et d'arsenic sous le seuil légal requis, grâce à une technologie au CO2 dévoilée jeudi à Marseille.

Leader mondial des alumines de spécialité, Alteo a cessé fin 2015 ses rejets en mer de "boues rouges", des déchets solides issus de la transformation de la bauxite. En cinquante ans, Alteo avait déversé plus de 20 millions de tonnes de ces "boues" dans la fosse de Cassidaigne, au large de Cassis, avec notamment de l'arsenic, du cadmium ou du mercure.

Un arrêté préfectoral du 28 décembre 2015 a cependant autorisé Alteo à poursuivre pour six ans ses rejets liquides en mer, au coeur du Parc national des calanques. Avec l'obligation de passer d'ici 2021 sous les seuils maximaux autorisés pour les six éléments pour lesquels elle est encore en infraction, dont l'aluminium et l'arsenic.

Concernant ces deux métaux, Alteo espère être en règle avec deux ans d'avance, grâce à une nouveau procédé de traitement des eaux par injection de CO2. Cette usine de retraitement, dont les travaux vont débuter en avril, devrait être fonctionnelle au premier semestre 2019, a assuré Frédéric Ramé, président d'Alteo, jeudi lors d'une conférence de presse.

Dans ses 270 mètres cubes heure d'effluents liquides actuels, Alteo rejette 131 mg d'aluminium et 0,06 mg d'arsenic par litre, pour des seuils maximaux de respectivement 5 et 0,5 mg par litre.

Concernant le fer, l'un des six paramètres sur lesquels Alteo était encore en régime dérogatoire fin 2015, l'entreprise est aujourd'hui passé à un seuil 100 fois inférieur à la limite, à 0,02 mg par litre, s'est félicité M. Ramé.

Les trois derniers éléments sur lesquels Alteo doit encore travailler sont le pH de ses rejets liquides et leurs niveaux de demande biologique et chimique en oxygène, deux indicateurs de la charge polluante d'une eau usée. "Sur ce point nous travaillons notamment à des techniques de nano-filtration et d'osmose", a précisé Éric Duchenne, directeur des opérations d'Alteo.

Vos commentaires