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Carrefour, affecté par une perte nette en 2017, a hâte de se transformer

Carrefour, affecté par une perte nette en 2017, a hâte de se transformer
Après une perte nette de plus de 500 millions d'euros en 2017, le groupe français de distribution Carrefour doit "mettre en œuvre sans délai (son) plan de transformation"LOIC VENANCE

Après une perte nette de plus de 500 millions d'euros en 2017, le groupe français de distribution Carrefour doit "mettre en œuvre sans délai (son) plan de transformation", a estimé mercredi son patron Alexandre Bompard.

Carrefour a publié une perte nette annuelle de 531 millions d'euros, à comparer à un bénéfice de 746 millions d'euros en 2016.

Les résultats 2017 ont été affectés par des charges exceptionnelles , notamment une charge fiscale alourdie par des "dépréciations nettes d'impôts différés", en Argentine et sur le périmètre des anciens magasins Dia.

Retraité des éléments exceptionnels, Carrefour affiche un bénéfice de 773 millions d'euros, en baisse de 25%.

"Les pertes opérationnelles du périmètre ex-DIA ont continué à peser fortement sur la rentabilité" en France, pour un montant d'environ 150 millions d'euros, précise le distributeur, dont le plan de transformation "Carrefour 2022", annoncé fin janvier, comprend la sortie de 273 de ces magasins, soit quelque 2.300 salariés.

Les négociations sur le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de la branche Carrefour Proximité ont déjà débuté la semaine dernière, tandis que celles sur le plan de départs volontaires (PDV) de 2.400 salariés des sièges du groupe ont commencé lundi, "un processus qui nécessite dialogue et pédagogie" selon M. Bompard.

Le plan Carrefour 2022 comprend "des plans d'actions ambitieux en cours de déploiement dans toutes les géographies du groupe", a rappelé le PDG, arrivé l'été dernier en provenance de Fnac Darty.

"Pleinement mobilisé", le groupe s'est engagé "dans une transformation profonde" et nécessaire dans un climat de forte concurrence et d'accroissement des partenariats et concentrations en tous genres d'un secteur "en plein bouleversement", a souligné M. Bompard.

- 2018, année "charnière" -

Le résultat opérationnel courant (ROC) est quant à lui positif d'un peu plus de 2 milliards d'euros, en recul de 17,2% mais légèrement supérieur aux prévisions des analystes.

Cette baisse du ROC reflète, selon Carrefour, "une forte pression concurrentielle, en particulier en France, une hausse des coûts de distribution dans les principaux marchés du groupe, des amortissements en augmentation suite à la politique passée de fort investissement et une situation difficile en Argentine".

Rapporté au chiffre d'affaires 2017 du groupe, en hausse de 3% à 88,24 milliards d'euros, la marge opérationnelle ressort en baisse, à 2,5% contre 3,1% en 2016.

La dette nette a pour sa part diminué, à 3,743 milliards d'euros à fin décembre.

Lors de son assemblée générale le 15 juin, le groupe proposera un dividende de 0,46 euro par action, en baisse de 34%.

Après une année 2017 "globalement difficile", 2018 a été qualifiée de "charnière" puisqu'elle représentera la première étape du plan Carrefour 2022.

Le groupe entend commencer à réduire ses coûts, afin d'investir dans la croissance et d'améliorer rapidement sa "compétitivité-prix".

M. Bompard a évalué à 2 milliards d'euros les économies nécessaires au redressement du groupe, dont l'intégralité sera réinvestie: extension de l'offre de commerce alimentaire en ligne en France, mise en service de 170 nouveaux "drives" dans l'Hexagone, lancement de la plateforme unique Carrefour.fr, accélération du développement du format "Cash and Carry" en Amérique latine etc.

Le distributeur va aussi miser sur une refonte de son offre de produits frais, et notamment bio, en particulier via ses marques propres.

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