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Carrefour et Système U en négociations pour une centrale d'achats commune

Carrefour et Système U en négociations pour une centrale d'achats commune
Le logo Carrefour sur la devanture d'un magasin à Nantes, le 26 janvier 2018LOIC VENANCE
alimentation, Consommation

Les groupes de distribution Carrefour et Système U ont annoncé mercredi avoir lancé des négociations exclusives pour créer une centrale d'achat commune.

Système U rompt ainsi les négociations engagées au début du mois avec Casino et Auchan. Avec cette alliance d'une durée initiale de cinq ans, Système U et Carrefour deviendraient le numéro un français des achats dans la distribution avec 35% de parts de marché environ.

Cette centrale d'achat devrait être opérationnelle cet automne, en vue des négociations commerciales 2019.

"Les deux enseignes souhaitent proposer aux filières agricoles un partenariat de référence", notent les deux groupes dans un communiqué.

"Celui-ci sera construit autour des prix et des volumes pour procurer aux exploitants, dans la durée, une juste rémunération", poursuit le texte.

Début avril, les industriels de l'agroalimentaire avaient fait part de leurs craintes après l'annonce d'une potentielle alliance Auchan-Casino-Système U qui aurait pesé à peu près le même poids que cette coopération Carrefour-Système U sur le marché français de l'alimentaire.

Ils craignent un rapport de force déséquilibré avec trois grosses centrales d'achats qui négocient des prix toujours plus bas face aux fournisseurs.

Dans leur communiqué, Carrefour et Système U se veulent rassurants en mettant en avant la "nécessité de reconstruire le partenariat historique entre la distribution et l'agriculture française" et en s'engageant à "favoriser une répartition équitable de la valeur, de l'amont à l'aval".

Depuis trois ans, les grands distributeurs ont noué les uns après les autres des accords de partenariat à l'achat, dans le domaine alimentaire et non-alimentaire afin de bénéficier d'un effet de volume lorsqu'ils négocient leurs conditions d'achats avec les fournisseurs.

Un projet de loi sur l'alimentation sera examiné à l'Assemblée nationale à partir du 22 mai.

Le texte prévoit notamment d'encadrer les promotions ou de relever le seuil de revente à perte pour que les produits alimentaires soient revendus au moins 10% au-dessus de leur prix d'achat, afin de couvrir les frais de logistique des distributeurs, qui se retrouvaient de fait assumés par les industriels et les producteurs quand les produits étaient revendus sans marge.

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