Chiffres, acteurs et faiblesses du transport aérien français

Chiffres, acteurs et faiblesses du transport aérien français
Les principaux acteurs du transport aérien français se réunissent à partir de ce mardi et pour six mois pour réfléchir à une stratégie globale pour leur secteur menacé par une farouche concurrence moERIC PIERMONT

Les principaux acteurs du transport aérien français se réunissent à partir de ce mardi et pour six mois pour réfléchir à une stratégie globale pour leur secteur menacé par une farouche concurrence mondiale. Voici quelques points clés.

Le secteur en chiffres

L'activité regroupait à fin décembre 2017 111 transporteurs aériens, selon la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC). Quatorze d'entre eux transportent plus de 100.000 passagers par an.

Quelque 150 millions de passagers ont été transportés en 2017 au départ et à l'arrivée des 120 aéroports du territoire métropolitain, un chiffre multiplié par deux en 20 ans, selon des chiffres diffusés dans le cadre des Assises.

Environ 42% des passagers en France voyagent sur des compagnies françaises, contre 63% il y a 20 ans et, en huit ans, la France est passée du 5e au 8e rang mondial en termes de revenu par passager-kilomètre (RPK).

L'aviation civile, y compris la construction aéronautique, contribue pour 4,3% du PIB. Elle représente 90 milliards de chiffre d'affaires dont 49 milliards pour la construction aéronautique.

Elle compte 320.000 emplois directs.

Selon la Fédération nationale de l'aviation marchande (FNAM), qui représente plus de 95% de la flotte et des activités du secteur, le transport aérien a perdu 11.000 emplois en France entre 2010 et 2015.

Les taxes et redevances

Les compagnies aériennes sont soumises à plus de 20 taxes, redevances destinées et prélèvements spécifiques pour un montant de plus de 4,6 milliards en 2015, selon la FNAM qui les considère comme un "frein majeur" à leur compétitivité.

Les charges aéronautiques représentent environ la moitié du prix d'un billet d'avion sur une ligne intérieure, et de 15 à 20% de celui d'un vol long-courrier, selon la même source.

- Les principales taxes sont:

La "taxe d’aéroport" (TAP) finance les services de sécurité (incendie) de sauvetage, de lutte contre le péril animalier, de sûreté et les contrôles environnementaux.

La "taxe aviation civile" (TAC), perçue par l’Etat pour financer notamment les services de la DGAC et l’aménagement du territoire. Les passagers en correspondance en sont exonérés depuis janvier 2016.

La "taxe sur les nuisances sonores aériennes" (TNSA)

La "taxe solidarité", perçue au profit du Fond de Solidarité pour le Développement.

- Les compagnies paient aussi des redevances pour les services aéronautiques rendus par l'aéroport: l'usage des installations pour la réception des passagers, le traitement des bagages, l'assistance aux personnes à mobilité réduite, l'atterrissage, le stationnement, le dégivrage...

Elles versent une redevance de navigation aérienne pour le contrôle et la sécurité des vols.

La "double caisse" des aéroports

Ce système permet aux aéroports de séparer les revenus des redevances de ceux tirés des activités commerciales (boutiques, restaurants, immobilier...) Il est décrié par certaines compagnies qui arguent que la mise en commun des deux revenus permettrait de limiter l'augmentation des redevances aéroportuaires.

L'ASI, l'organisme de régulation

Les aéroports de plus de 5 millions de passagers annuels sont soumis à une régulation économique sous la supervision de l'Autorité de surveillance indépendante (ASI) créée en 2016.

Impact sur l'environnement

Les 191 Etats membres de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) ont adopté en 2016 un mécanisme de compensation qui a pour objectif de limiter d'ici 2035 les émissions du secteur au niveau de celles de 2020.

Le transport aérien mondial est à l'origine de 2% des émissions d'oxyde d'azote, d'1% des émissions de particules fines et de 2% des émissions de dioxyde de carbone (CO2), selon le ministère des Transports.

Le transport aérien intérieur français est à l'origine de 1,4% des émissions de CO2 de la France et représente 3,5% du secteur des transports.

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