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Cochons, vaches, dindes... la belle vie des animaux d'un refuge de la Sarthe

Cochons, vaches, dindes... la belle vie des animaux d'un refuge de la Sarthe
Capture d'écran réalisée le 28 juillet 2019 d'une vidéo AFPTV montrant une truie dans un refuge pour animaux à Neuvillette-en-Charnie (sarthe) Natalie Handel

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Cochons, vaches, dindes et autres chèvres, rescapés des abattoirs, des élevages, de la maltraitance ou de l'abandon, coulent des jours paisibles en liberté dans un refuge de la Sarthe avec la garantie de ne jamais finir dans une assiette.

Au village de Neuvillette-en-Charnie, près du Mans, l'arrivée de Marguerite, une vache holstein à la robe noire et blanche, qui découvre sa pâture dans un domaine de 12 hectares, est l'attraction du jour.

"Marguerite a été blessée à six ans. Et c'est une chance car sans cette blessure, elle aurait donné naissance à des veaux chaque année pour produire du lait. On l'aurait séparée de son petit à la naissance et inséminée de force pour recommencer ce cycle avant de finir à l'abattoir", raconte Caroline Dubois qui a créé le refuge GroinGroin pour animaux de ferme en 2005 avec une amie vétérinaire.

"On tisse des liens forts avec une vache comme avec un cheval, une chèvre, une poule ou un cochon", affirme-t-elle. "C'est une construction mentale que l'on a depuis l'enfance avec ces animaux. Comme ils sont destinés à être mangés, il ne faut surtout pas tisser de liens affectifs avec eux!", s'indigne la vegane, âgée d'une quarantaine d'années.

La durée de vie d'une vache laitière dans un élevage est d'environ 7 ans. "L'industrie de la viande est alimentée par les +rebuts de l'industrie laitière+, dit-elle. La belle Marguerite coulera elle des jours heureux, encore une quinzaine d'années.

Un peu plus loin, trois grands cochons, dont Pompon, une truie basque aux oreilles noires, ronflent, confortablement installés sur un tapis de paille, au frais dans un abri qui ne ressemble en rien aux caillebotis en béton des élevages intensifs.

"Pompon était chez un particulier destinée à être mangée mais son propriétaire n'a pas eu le courage de la tuer et on l'a récupérée", se souvient Caroline en grattant le ventre de la grasse demoiselle de 200 kg.

C'est avec des cochons vietnamiens, achetés petits comme animal de compagnie puis abandonnés adultes notamment en raison de leur encombrement, que Caroline Dubois a accueilli ses premiers pensionnaires.

- Copains comme cochons -

Aujourd'hui, parmi la centaine d'animaux -qui ont échappé à une mort certaine- quarante cochons vietnamiens vivent avec des copains dindons, chèvres, poules et coqs.

"Il y a des interactions entre les animaux et les hommes. Des biquettes jouent avec des poules, des poules nous font des câlins, les cochons adorent qu'on leur gratte le ventre et ils répondent à leur nom, comme des chiens", s'amuse-telle. "On a déconstruit tout ce que l'on nous a inculqué !"

A quelques kilomètres du refuge, adoptée par Malika Roinet, la truie Paris, sourde et aveugle, se couche sur le flanc à l'approche de sa maîtresse dans la propriété familiale.

"Paris est comme mon chien. Elle adore les grattouilles. Paris et Babus son copain cochon sont très intelligents et familiers", témoigne Malika Roinet qui partage aussi sa vie avec des chèvres naines pour l'entretien de son terrain, "une méthode écologique".

"C'est une coquine quand elle sort de son enclos elle entre parfois dans la maison et retourne tout sur son passage", relate-t-elle. Et depuis qu'elle vit avec des cochons, Mathilde avoue "ne pas être végétarienne" mais "mange moins de viande qu'avant".

Le refuge ouvre ses portes au public régulièrement "pour informer et susciter une prise de conscience" sur la place donnée dans notre société à ces animaux.

"Aujourd'hui, on peut se nourrir sans créer de souffrance animale", revendique Caroline Dubois qui partage les histoires singulières de ses pensionnaires sur la toile, comme celle du dindon "Capitaine Flam" qui a sauté d'un camion en route pour l'abattoir la veille de Noël.

La soigneuse Mathilde Ruiz, vegane, fait connaissance avec Marguerite, sa nouvelle protégée. "Ici les animaux vivent la vie qu'ils ont à vivre", se réjouit la jeune femme de 27 ans qui a tout quitté pour vivre ses convictions : "lutter contre toute forme d'exploitation animale".

Le refuge vit de dons et de parrainages avec un budget annuel de fonctionnement de 180.000 euros.

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