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Commerce: Donald Trump va rencontrer le négociateur en chef chinois Liu He

Commerce: Donald Trump va rencontrer le négociateur en chef chinois Liu He
Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin durant une conférence de presse à la Maison Blanche le 28 janvier 2019Mandel NGAN

Le secrétaire américain au Trésor a annoncé lundi que le président américain Donald Trump allait rencontrer cette semaine le négociateur en chef chinois Liu He, en visite à Washington, pour de délicates tractations commerciales destinées à enterrer définitivement la hache de guerre.

Au cours d'une réunion le 1er décembre, le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping avaient convenu d'une trêve de 90 jours pour tenter de résoudre leur conflit commercial.

Si le 1er mars aucun compromis n'était trouvé, la Maison Blanche portera de 10% à 25% les taxes douanières sur 200 milliards de marchandises chinoises, pénalisant ainsi un peu plus l'économie de ce pays, qui a enregistré l'an passé la plus faible croissance (6,6%) de ces 28 dernières années.

"Le président Trump va rencontrer le vice-Premier ministre à la fin de ces (deux jours) de discussions", a déclaré Steven Mnuchin lors d'un point presse, observant qu'il resterait encore 30 jours avant la fin de la suspension de la guerre commerciale.

Il a souligné que les deux dirigeants avaient "eu de très bonnes discussions" et rappelé qu'une délégation américaine s'était rendue à Pékin plus tôt en janvier.

"Je m'attends donc à ce que nous fassions des progrès importants au cours de ces réunions" qui se tiendront mercredi et jeudi dans la capitale américaine. "Je voudrais juste souligner que les problématiques sont complexes", a-t-il néanmoins tempéré.

Signe de l'ampleur de la tâche, une délégation d'une trentaine de responsables chinois doit faire le déplacement à Washington.

La feuille de route de l'administration Trump est connue: obtenir de la Chine qu'elle consente à des réformes structurelles, c'est-à-dire qu'elle change ses pratiques commerciales jugées déloyales, comme le transfert "forcé" de technologies et le "vol" de propriété intellectuelle.

Pour Washington, Pékin doit aussi réduire le colossal déficit commercial des Etats-Unis (plus de 375 milliards de dollars de biens en 2017), en ouvrant davantage son marché aux produits américains et en mettant fin aux subventions de ses entreprises.

La Maison Blanche avait officialisé lundi dans un communiqué l'annonce d'une série de réunions mercredi et jeudi avec une délégation officielle chinoise "afin de discuter des relations commerciales entre les deux pays".

- Affaire Huawei -

Pour les Etats-Unis, les négociations seront dirigées par le représentant au commerce Robert Lighthizer. Steven Mnuchin et le ministre au commerce Wilbur Ross prendront également part aux discussions, accompagnés des conseillers économiques de la Maison Blanche Peter Navarro et Larry Kudlow.

"S'assurer de la mise en oeuvre (d'un potentiel accord) sera l'une des priorités du programme de l'ambassadeur Robert Lighthizer. C'est évident", a par ailleurs commenté Steven Mnuchin.

De son côté, le conseiller économique de la Maison Blanche Larry Kudlow s'est gardé de s'avancer sur la possibilité que les deux parties soient en mesure d'élaborer le cadre d'un accord à l'issue des deux jours de discussions."Je ne veux pas de faire de prédictions à ce sujet", compte tenu de l'enjeu, a-t-il dit.

Selon lui, "la portée de ces discussions sera la plus importante de l'histoire entre les Etats-Unis et la Chine".

Il a relevé que le président avait "exprimé une sorte d'optimisme prudent".

"Je trouve encourageant que tout soit sur la table. Je sais que c'est un cliché", a-t-il encore commenté.

De son côté, le ministre du Commerce Wilbur Ross a assuré que le dossier Huawei ne serait pas à l'ordre du jour. "Ces inculpations relèvent de la justice et sont totalement séparées de nos négociations commerciales avec la Chine", a-t-il dit alors que les Etats-Unis ont annoncé lundi une longue série de chefs d'inculpation à l'encontre de la dirigeante du géant chinois des télécoms, au coeur d'un bras de fer diplomatico-judiciaire.

Le ministère américain de la Justice a en effet dévoilé 13 chefs d'inculpation, liés à des violations des sanctions américaines contre l'Iran, à l'encontre du groupe chinois et de sa directrice financière Meng Wanzhou, arrêtée au Canada à la demande des enquêteurs américains.

L'an passé, de lourdes sanctions contre un autre groupe chinois, ZTE, avaient pourtant pollué les négociations commerciales, qui s'étaient soldées par un échec.

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