Commerce: l'accord UE-Japon, le plus vaste du monde, entre en vigueur

Commerce: l'accord UE-Japon, le plus vaste du monde, entre en vigueur
le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker passe près des drapeaux japonais et européen, le 6 juillet 2017 à BruxellesAurore BELOT

L'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Japon entre en vigueur vendredi, donnant naissance au plus large accord commercial bilatéral jamais conclu.

Ce texte, négocié depuis 2013, concerne plus de 630 millions de personnes et près d'un tiers du PIB mondial.

Il couvre la quasi-totalité des échanges entre l'espace européen et Tokyo et devrait en particulier profiter, selon l'UE, à l'agriculture européenne.

"L'Europe et le Japon envoient un message au monde sur l'avenir d'un commerce ouvert et équitable", s'est félicité le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, au moment où le multilatéralisme est plus que jamais remis en cause par les Etats-Unis.

A terme, 85% des produits agroalimentaires de l'UE, comme le vin, pourront entrer au Japon sans droits de douane, mais parfois à l'issue de périodes de transition.

Le riz, un produit hautement symbolique pour les Japonais, est en revanche exclu de l'accord.

Tokyo s'engage aussi à reconnaître plus de 200 indications géographiques comme le Roquefort, le Tiroler Speck autrichien, le Jambon d'Ardenne belge ou la Polska Wódka (vodka polonaise).

Les négociations ont été particulièrement complexes sur les produits laitiers, mais l'accord éliminera les droits de douanes très élevés sur plusieurs fromages, avec une période de transition pouvant atteindre 15 ans.

Les Japonais obtiennent de leur côté un libre accès au marché européen pour leur industrie automobile, mais seulement à l'issue d'une période transitoire de 7 ans.

Cet accord comprendra aussi un chapitre sur le développement durable et une référence explicite à l'accord de Paris de 2015 sur le climat.

Mais ces dispositions n'ont pas suffi à convaincre les ONG, qui ne cessent de mettre en cause la politique commerciale de Bruxelles, notamment dans le domaine environnemental.

Le Français Pierre Gattaz, président de l'organisation patronale européenne BusinessEurope, s'est en revanche félicité de l'entrée en vigueur de l'accord, qui constitue selon lui "une occasion d'établir des normes dans de nouveaux domaines de produits et de faire converger les règles du commerce mondial autour d'un niveau d'ambition élevé".

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