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Consternés par la relance du conflit commercial, les marchés mondiaux voient rouge

Accablés par la reprise du conflit commercial sino-américain, relancé sans crier gare par Donald Trump, les indices boursiers dévissaient vendredi et les valeurs refuge, comme l'or ou la dette allemande, flambaient.

"Celui qui voudrait qualifier les mouvements sur les marchés ces dernières 24 heures serait en droit d'affirmer qu'il vient juste d'expérimenter le +coup du lapin+", a résumé Michael Hewson, un analyste de CMC Markets. "Les marchés européens ont coulé comme des pierres" ce matin et "les menaces de représailles de la Chine ont accentué le mouvement de baisse", selon lui.

Alors que les investisseurs se remettaient à peine de la réunion de la Réserve fédérale américaine, pas assez accommodante à leur goût, le président américain a mis le feu aux poudres jeudi soir en déclarant que son administration allait infliger, à compter du 1er septembre, des droits de douane supplémentaires de 10% sur les 300 milliards de dollars d'importations chinoises jusque-là épargnées.

Ces déclarations ont d'abord touché de plein fouet Wall Street, encore ouverte, avant de se propager vendredi à l'Asie, où Tokyo a notamment chuté de 2,1%, puis aux marchés européens.

A son ouverture vendredi, la Bourse de New York continuait à reculer, quoique moins brutalement que la veille: le Dow Jones cédait 0,27% et le Nasdaq 0,63%.

La réplique chinoise ne s'est pas fait attendre, Pékin menaçant vendredi de prendre des mesures de représailles.

"C'est Trump qui a décidé cela unilatéralement, contrairement à l'avis de son secrétaire au Trésor qui souhaitait prévenir la Chine en amont", a relevé auprès de l'AFP Alexandre Baradez, analyste chez IG France.

Alors que le rouge vif dominait en Europe, la baisse s'est accentuée au cours de la matinée pour atteindre son paroxysme vers 14H30 (12H30 GMT) à Paris, où le CAC 40 a brièvement perdu plus de 3%.

Vers 16H30 (14H30 GMT), la Bourse de Paris baissait de 3,56%. Celle de Londres de 2,21% et celle de Francfort de plus de 3%.

En première ligne en matière de commerce international, les matières premières et l'automobile payaient le prix fort, à l'instar d'ArcelorMittal à Paris, Glencore à Londres, Peugeot et Renault en France ou BMW à Francfort. Les semi-conducteurs souffraient également, comme STMicroelectronics sur le CAC 40 ou Infineon sur le Dax.

"Il n'est pas difficile de comprendre à quel point cette brusque escalade a pris les marchés de court", alors même qu'ils espéraient que "la reprise de négociations déboucherait a minima sur une courte période de cessez-le-feu", a ajouté M. Hewson.

"Il est difficile de comprendre ce que le président a à l'esprit, a-t-il analysé, étant donné que ces taxes vont probablement surtout toucher sa base, puisque les produits concernés incluent des basiques de la consommation américaine comme les jouets, l'habillement ou les appareils électroménagers".

- La dette allemande dans les abysses -

En tous cas, son geste pourrait affaiblir davantage le dollar, ainsi qu'il le souhaite, selon l'expert.

Le billet vert a clairement perdu du terrain face à l'euro depuis jeudi soir. Vendredi vers 15H50 (13H50 GMT), la devise européenne grimpait à 1,1101 dollars contre 1,1085 à 21H00 GMT la veille.

"Les nouveaux droits de douane pourraient être un coup rendu à la Fed de la part de Donald Trump, qui estimait" que sa politique "n'était pas assez accommodante", et la pousser ainsi "à baisser davantage ses taux lors de la prochaine réunion", a observé pour sa part Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

La Banque centrale américaine a baissé ses taux d'un quart de point de pourcentage mercredi mais Donald Trump, qui avait réclamé une baisse "forte", a rapidement fait part de sa déception.

Les actifs considérés comme des refuges, à l'inverse, étaient largement privilégiés par des investisseurs anxieux, même s'ils se reprenaient légèrement.

Le yen s'est apprécié fortement, tout comme l'or, qui a touché un plus haut depuis 2013 à 1.450,30 dollars l'once.

Sur le marché obligataire, le taux d'emprunt à 10 ans des États-Unis s'installait en dessous des 2%, à 1,873% vers 15H50, après être tombé au plus bas depuis novembre 2016.

En Europe, celui de l'Allemagne, le "Bund", qui sert de référence au marché, s'est enfoncé en territoire négatif, tombant jusqu'à -0,504%, avant de remonter à -0,479% vers 15H50, entraînant dans son sillage le taux allemand à trente ans, qui est brièvement passé en territoire négatif.

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