Coquilles Saint-Jacques: apaisement espéré "la semaine prochaine" entre Anglais et Français

Coquilles Saint-Jacques: apaisement espéré
Les pêcheurs normands n'ont le droit de pêcher la coquille que du 1er octobre au 15 mai alors que les pêcheurs britanniques ont le droit toute l'année CHARLY TRIBALLEAU

Le ministre français de l'Agriculture Stéphane Travert a annoncé une réunion entre pêcheurs français et britanniques, qui se disputent plus âprement que jamais la coquille Saint-Jacques au large des côtes normandes, laissant espérer un apaisement sur le sujet.

Cette réunion aura lieu à Londres mercredi, a précisé Dimitri Rogoff, président du comité régional des pêches de Normandie, à l'AFP.

Dernier épisode de ce conflit, les pêcheurs des deux pays ont échangé mardi au large de la Normandie jets de pierres et insultes et mené des manœuvres dangereuses en haute mer, donnant des airs de bataille navale à cette guerre au long cours autour du précieux mollusque.

"Ils se réuniront ensemble la semaine prochaine avec les industriels pour faire en sorte de trouver les bases d'un accord qui permette de revenir à une situation apaisée", a annoncé sur la radio Europe 1 le ministre français, qui s'est entretenu jeudi soir avec son homologue britannique, George Eustice.

"Nous avons tous les deux condamné ce qui s'est passé. (...) La semaine prochaine, nous souhaitons qu'il y ait un accord entre les pêcheurs français et les pêcheurs anglais", a déclaré M. Travert.

En attendant cette réunion et la conclusion d'un accord, il a demandé à son homologue "de faire en sorte que les pêcheurs ne viennent pas sous la ligne Barfleur-Antifer, c'est-à-dire la zone où se sont passés ces heurts".

Le président centriste de la région Normandie Hervé Morin a demandé à la Commission européenne de trouver "une solution pérenne" au conflit, évoquant la mise en place d'un plan de gestion concerté de la coquille Saint-Jacques au sud de cette ligne Barfleur-Antifer, réclamé par les pêcheurs français.

"Ce plan de gestion n'entraînerait nullement l'exclusion des pêcheurs britanniques mais il permettrait notamment la création d'une zone sensible, intégrant la problématique des petits navires, la fixation d'une période d'ouverture et donc de fermeture en période estivale et l'harmonisation des engins de pêche", écrit l'ancien ministre.

Mercredi, la Commission européenne, par la voix de l'un de ses porte-parole, avait plaidé pour un règlement du litige "à l'amiable" entre les deux pays.

- "Faille" dans l'accord en vigueur -

Les pêcheurs normands qui n'ont le droit de pêcher la coquille que du 1er octobre au 15 mai, pour tenter de préserver la ressource, demandent aux Britanniques, dont la pêche n'est pas réglementée dans le temps, de respecter le même calendrier au large des côtes françaises.

M. Rogoff a souligné que l'accord en vigueur jusqu'en 2017 "obligeait les Britanniques à respecter le calendrier français" mais qu'il ne concernait que les bateaux de plus de 15 mètres. "Une faille exploitée" selon lui par les pêcheurs britanniques "en utilisant des bateaux de moins de 15 mètres" hors de la période autorisée.

"C'est une faille que l'on dénonce depuis cinq ans", a-t-il ajouté, et qui a conduit les pêcheurs français à refuser le renouvellement de l'accord en 2018.

Interrogé vendredi matin sur la radio BBC, la ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau a refusé de condamner les pêcheurs français.

"Essayer de blâmer ne permet pas de calmer la situation et de trouver un accord", a-t-elle dit, soulignant que la France était "vigilante quant à la préservation des ressources".

"Nous avons des règles et nous avions un accord avec la flotte britannique et le Royaume-Uni concernant les périodes où il était autorisé de pêcher et les périodes où c'était interdit. Malheureusement cet accord n'a pas été prolongé et nous devons retourner à la table des négociations pour permettre que les deux flottes puissent pêcher tout en préservant nos ressources", a-t-elle ajouté.

"Il est hors de question de ruiner notre richesse pour des bénéfices à court terme", a-t-elle encore dit.

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