Coupe d'Europe: Racing 92 - Toulouse, quart de finale franco-français

Paris plutôt que Dublin: Toulouse, vainqueur sans bonus de Bath dimanche (20-17) lors de la 6e journée de Coupe d'Europe, se rendra chez le Racing 92 et non pas au Leinster en quarts de finale, assurant à la France un représentant dans le dernier carré.

. Le Leinster a le dernier mot

Retourner en Irlande tenter l'exploit chez le champion en titre, qui les a battus sans discussion une semaine plus tôt (29-13)? Quitte à devoir se déplacer, les Toulousains n'ont pas fait une mauvaise affaire en héritant d'un rival du Top 14 pour tenter fin mars de rallier le dernier carré pour la première fois depuis 2011.

S'ils y parvenaient, ils devraient alors probablement se rendre... à Dublin! Dans la même partie de tableau, le Leinster partira immense favori contre ses voisins de l'Ulster, deuxième de poule derrière le Racing.

"On n'était pas du tout dans le calcul", a affirmé le coentraîneur de Toulouse Ugo Mola à l'issue d'une rencontre à deux visages. Car l'idée que ses joueurs n'ont peut-être pas tout fait pour décrocher le point du bonus en seconde période, à l'issue d'un premier acte parfaitement maîtrisé (17-3), était dans beaucoup de têtes.

Le Leinster, largement devant chez les Wasps (victoire finale 37-19), ne leur laissant aucun espoir de terminer en tête de la poule 1 et donc de recevoir en quarts, les Toulousains ont sérieusement baissé de rythme après la pause, jusqu'à se faire peur en fin de match, lorsque les Anglais sont revenus à 3 points.

. Un Racing d'attaque

Cette fin de match peu reluisante ne doit pas occulter l'excellent parcours du quadruple champion d'Europe, qui a réussi à s'extirper de la poule la plus relevée et décroche une 17e qualification en 24 éditions.

Rendez-vous est pris à l'Arena, où le Racing partira légèrement favori avec son attaque flamboyante - 26 essais marqués en 6 matches - et compte tenu de son expérience récente dans la compétition (deux finales en trois ans, 2016 et 2018). Mais les Ciel et Blanc, dont l'effectif et le jeu sont taillés pour remporter enfin la compétition, ont aussi des failles: ils se sont déjà incliné deux fois cette saison à l'Arena - en Top 14 - et ont souffert samedi pour se débarrasser des Scarlets (46-33).

La confrontation entre les effectifs fait saliver d'avance, que ce soit derrière où la jeunesse toulousaine (Thomas Ramos, Romain Ntamack, Antoine Dupont) se frottera aux internationaux confirmés du Racing (Simon Zebo, Juan Imhoff, Finn Russell, Maxime Machenaud), ou chez les avants où Toulouse retrouve cette saison son lustre d'antan.

Ceux qui souhaitent absolument voir un club français à Newcastle, où se déroulera la finale le 11 mai, pourraient pencher pour le Racing, qui aura en raison de son classement (2e) l'avantage de recevoir en France en demi-finale. Si le Stade Toulousain (7e) venait à s'imposer dans les Hauts-de-Seine, il aurait l'obligation de se déplacer en Irlande, que ce soit au Leinster (3e) ou à l'Ulster (6e).

. Les Saracens, l'autre favori

Dans l'autre moitié de tableau, les Saracens, opposés de nouveau à Glasgow, comme en poule, feront figure d'épouvantail, avec pour principal outsider le Munster, qui devra d'abord s'imposer à Edimbourg. La capitale écossaise, survivante d'une poule 5 équilibrée (Toulon, Montpellier, Newcastle), réalise un joli coup avec ce quart à Murrayfield, cinq ans après sa dernière participation.

Les Ecossais (2 sur 2) sont au rendez-vous, les Irlandais (3 sur 3) aussi. En revanche, les Gallois (0 sur 2) sont passés à côté, tout comme les Anglais (1 sur 7), qui n'auront que les Sarries comme représentants.

Quel bilan tirer pour les Français (2 sur 6) ? Il est négatif pour Toulon, éliminé pour la première fois dès la phase de poules, Lyon, qui termine pour sa première campagne avec zéro point, pire bilan pour un club français, et Montpellier, dont le riche effectif a encore déçu. Castres, qui avait promis de jouer enfin la compétition à fond dans la foulée de son titre national, a tenu parole (3 succès, 3 revers).

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