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Dans l'hôtellerie, des fêtes de fin d'année ternies par l'effet "gilets jaunes"

Dans l'hôtellerie, des fêtes de fin d'année ternies par l'effet
Après un Noël mitigé, les hôteliers français ne feront pas non plus le plein pour le Nouvel An, les touristes étrangers ayant été refroidis par les images liées aux "gilets jaunes"BERTRAND LANGLOIS
Consommation

Après un Noël mitigé, les hôteliers français ne feront pas non plus le plein pour le Nouvel An, les touristes étrangers, surtout ceux au fort pouvoir d'achat, ayant été refroidis par les images des manifestations violentes liées aux gilets jaunes.

"L'impact est triple: des annulations sur le court terme, un coup de frein sur les réservations, et puis aussi l'effet sur l'image de la destination France", résume à l'AFP Jean-Virgile Crance, président du groupement national des chaînes hôtelières (Mercure, Ibis, Sofitel, Balladins, Kyriad, etc.).

Sur la France entière, pour tout le mois de décembre, il estime à "-20% à -25% les réservations qui ne se sont pas faites".

Et pour le seul réveillon du Nouvel An, "nous avons 30% d'annulations, dont 35% de la part de clients français", indique M. Crance, qui met en avant l'effet négatif, à l'étranger, "des images très violentes des manifestations et l'utilisation des termes +guerre civile+ ou +état de siège+".

Dans les hôtels haut de gamme plus spécifiquement, la fréquentation enregistrée pour Noël à Paris se situe "entre 15 et 20% en moins de ce qui était prévu. C'est clairement attribué à l'impact des manifestations retransmises dans le monde entier, qui ont effrayé certains clients", renchérit Christophe Laure, président de la branche "Prestige" de l'Umih, la principale organisation professionnelle dans l'hôtellerie.

Il précise que dans certains établissements de luxe, prisés par les visiteurs étrangers au fort pouvoir d'achat, le taux d'occupation n'a pas dépassé 40 ou 45%". Il souligne cependant que le Nouvel An se présente mieux, avec "5 à 10% en moins".

"C'est surtout pour les hôtels de grand luxe que c'est mauvais", confirme Didier Chenet, président du groupement patronal des indépendants de l'hôtellerie-restauration, le GNI.

- pertes estimées à 250 millions -

Mais plus globalement dans le reste du secteur hôtellerie, "on est sur une baisse de l'ordre de 10%" du taux d'occupation, "ce n'est pas terrible mais ce n'est pas non plus une chute", tempère M. Chenet.

Selon le GNI, la perte pour l'ensemble du secteur hôtellerie-restauration générée par le mouvement des "gilets jaunes" se chiffre à 250 millions d'euros: "c'est énorme, et derrière tout ça, il y a aussi des emplois".

L'inquiétude porte également sur les mois à venir, car "le niveau des réservations pour janvier et février reste mauvais", prévient Didier Chenet.

Du côté de la restauration, pour le réveillon du 31 décembre, "on est sur des chiffres légèrement à la baisse", indique-t-il, rappelant toutefois que "depuis plusieurs années", les restaurants ne font plus vraiment recette ce soir-là.

"Si l'activité des restaurants dans les grandes agglomérations a plongé les samedis midi et soir ces dernières semaines" lors des manifestations des "gilets jaunes", "le réveillon du 31 décembre ne devrait pas être touché. D'autant que la sortie au restaurant pour réveillonner est en régression depuis cinq ou six ans", renchérit Bernard Boutboul, directeur du cabinet spécialisé Gira conseil.

Pour sa part, le Moulin Rouge, mythique cabaret de Montmartre qui propose pour le réveillon un dîner-spectacle compris entre 500 et 1.000 euros, sera "complet le soir du 31 décembre" et accueillera ainsi plus de 700 personnes, même s'il fait état d'un "ralentissement" dans ses réservations pour le début de l'année 2019.

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