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Déchets nucléaires: prison ferme requise contre des opposants

Déchets nucléaires: prison ferme requise contre des opposants
Une manifestation en opposition au projet d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure, dans la ville de Bar-le-Duc, le 22 février 2018JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Des peines de trois mois de prison assortis ou non du sursis ont été requises contre six personnes jugées mardi à Bar-le-Duc pour des délits dans le cadre de l'opposition au projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse).

Les jugements seront rendus par le tribunal correctionnel le 13 novembre.

Un homme de 22 ans, absent, était poursuivi pour avoir insulté et menacé des gendarmes mobiles en poste entre la Maison de résistance, lieu de vie des opposants, et la mairie, à Bure en avril. En état d'ébriété et le visage dissimulé, il était sorti de l'habitation avec une dizaine de personnes pour "taquiner" les forces de l'ordre.

"Cet événement-là est exemplaire du quotidien des gendarmes" qui réalisent patrouilles et surveillances entre Bure et Mandres-en-Barrois, a souligné le procureur, Olivier Glady, requérant trois mois de prison.

Les deux communes sont concernées par le projet Cigéo, mené par l'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra), qui vise à enfouir à 500 m sous terre les déchets les plus radioactifs ou à vie longue du parc nucléaire français.

Six mois de prison, dont la moitié avec sursis, ont été demandés contre un trentenaire qui avait insulté et craché sur un gendarme en septembre.

En défense pour les deux hommes, Me Julie Sammari, a soulevé des "infractions (qui) ne sont pas caractérisées".

Une peine de trois mois de prison avec sursis a été requise à l'encontre d'un homme de 27 ans et d'une femme de 31 ans, absents, qui avaient sollicité le renvoi de leur procès. Ils sont soupçonnés d'avoir, en janvier 2017, empêché des agents de l'Andra d'effectuer une remise en état du bois Lejuc, après y avoir réalisé des travaux sans autorisation.

La même peine a été réclamée à l'encontre d'une sexagénaire pour outrage et rébellion lors d'une perquisition le 22 février à la Maison de résistance.

Ce jour-là, le bois Lejuc, épicentre de la contestation occupé depuis août 2016, avait été évacué par 500 gendarmes.

Leur avocat, Me Etienne Ambroselli, a dénoncé "une volonté délibérée de provoquer les opposants pour générer des dossiers et se plaindre encore de leur présence sur le territoire".

Le procureur a sollicité une peine de trois mois avec sursis à l'encontre d'un jeune de 21 ans qui comparaissait sans avocat pour insulte lors d'un contrôle d'identité tendu en août.

Une soixantaine d'opposants présents à l'audience ont été évacués sur ordre de la présidente du tribunal en raison de leurs nombreuses réactions lors des débats.

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