Dépenses publiques: le gouverneur de la BdF appelle l'exécutif à agir "maintenant"

Dépenses publiques: le gouverneur de la BdF appelle l'exécutif à agir
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, à Paris, le 12 mars 2018ERIC PIERMONT

Le gouverneur de la Banque de France a appelé mercredi l'exécutif à "saisir la chance" dont jouit la France actuellement pour améliorer "l'efficacité de la sphère publique" et diminuer le chômage structurel français, obstacles à une croissance plus élevée.

"Après l'accélération exemplaire des réformes depuis 2017, la priorité est de traiter nos deux défis clés", écrit François Villeroy de Galhau dans sa traditionnelle "lettre au président" qui accompagne le rapport annuel de la Banque de France.

"Le premier tient à la persistance de notre déficit extérieur: parmi les facteurs qualitatifs de la compétitivité, l'efficacité de la sphère publique doit impérativement être améliorée", explique-t-il.

"Notre second défi, pour éviter que la croissance et l'emploi ne plafonnent prématurément, est de diminuer le chômage structurel, estimé à près de 9%", poursuit-il.

"Il faut profiter maintenant du retour de la croissance pour mettre en oeuvre des réformes qui augmentent demain la croissance potentielle", a-t-il insisté lors d'une conférence de presse.

Rappelant que l'écart des dépenses publiques entre la France et le reste de la zone euro était de 11 points de produit intérieur brut (PIB), M. Villeroy de Galhau a appelé à faire un "effort supplémentaire", portant sur l'"ensemble de la sphère publique" et non seulement sur l'Etat, et jugé que la croissance des dépenses publiques en volume devait passer de 1% à 0,3% par an.

Il a par ailleurs mis en garde contre la tentation de faire de nouvelles baisses d'impôts, jugeant que cela ne devrait se faire "qu'au prix d'efforts encore plus stricts sur la dépense".

"Notre plus grand risque serait d'attendre pour agir", a-t-il conclu.

Un comité d'experts, baptisé CAP 2022 (Comité action publique 2022), doit remettre un rapport très attendu listant les pistes d'économies possibles sur la sphère publique. Mais le flou entoure la remise de ce document: prévue initialement fin mars, elle a été repoussée à plusieurs reprises et est désormais attendue à fin juin-début juillet.

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