Des élus de Los Angeles appellent au boycott des palaces liés à Brunei

Des élus de Los Angeles appellent au boycott des palaces liés à Brunei
Une vue du mythique Beverly Hills Hotel, près de Los Angeles, appartenant au sultan de BruneiFrederic J. BROWN

Des élus de la ville de Los Angeles ont officiellement joint leur voix mardi aux appels à boycotter les hôtels de luxe appartenant au sultan de Brunei, qui va instaurer la peine de mort en cas d'homosexualité ou d'adultère au nom de la loi islamique.

Deux des neuf hôtels visés sont des palaces californiens mythiques fréquentés par le gratin d'Hollywood: l'Hotel Bel-Air, à Los Angeles, et le Beverly Hills Hotel voisin.

"En tant que responsable municipal élu, je représente une communauté d'Angelins (nom des habitants de Los Angeles, ndlr) très diverse, et j'appelle tout le monde à boycotter les hôtels appartenant à la famille royale de Brunei", a déclaré dans un communiqué Ron Galperin, responsable financier de la ville.

"Je ne poserai pas le pied dans ces établissements aussi longtemps qu'ils seront la propriété d'un régime qui veut tuer les homosexuels", poursuit-il.

"Même si ça me fait de la peine pour les nombreux employés de ces hôtels locaux, qui travaillent dur, personne ne devrait soutenir ou participer aux événements qui s'y déroulent alors que des vies sont en jeu", affirme Ron Galperin.

Conseiller de Los Angeles, Paul Koretz soutient lui aussi le boycott des hôtels "même si ça doit entacher leur réputation et leur histoire."

"La ville de Los Angeles, les Etats-Unis et le monde devraient imposer des sanctions sévères contre Brunei pour ce retour à la préhistoire concernant les droits des homosexuels", estime pour sa part Karina Samala, présidente du comité qui conseille la ville au sujet des transgenres.

Le chanteur britannique Elton John et l'acteur américain George Clooney sont les fers de lance de cet appel au boycott des hôtels de luxe appartenant indirectement au sultan de Brunei.

La nouvelle législation de Brunei, riche petit Etat pétrolier situé sur l'île de Bornéo, doit entrer en vigueur le 3 avril. Elle prévoit aussi notamment l'amputation d'une main ou d'un pied pour vol.

Cette petite monarchie de 430.000 habitants est dirigée d'une main de fer par le sultan Hassanal Bolkiah depuis 1967. Elle a annoncé en 2013 l'introduction progressive de la charia, mais la mise en application de ces mesures avait été retardée pour des questions pratiques et en raison de l'opposition des défenseurs des droits humains.

Les services du Premier ministre de Brunei ont réagi au boycott en insistant sur le fait que le pays avait un "double système judiciaire", l'un islamique, qui ne s'applique qu'aux musulmans -représentant plus des deux tiers de la population-, l'autre civil, qui concerne l'ensemble des habitants du pays.

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