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Deutsche Bank admet un virement erroné de 28 milliards d'euros

Deutsche Bank admet un virement erroné de 28 milliards d'euros
Deutsche Bank a viré par erreur 28 milliards d'euros dans le cadre d'une opération financière de routine, sans préjudice financier Daniel ROLAND
INFORMATIQUE

Deutsche Bank a viré fin mars par inadvertance un montant de 28 milliards d'euros dans le cadre d'une opération financière de routine, un cas sans précédent illustrant les failles informatiques de la première banque allemande.

L'erreur s'est produite le 16 mars quand Deutsche Bank a effectué un virement vers un compte propre détenu auprès de la chambre de compensation Eurex de l'opérateur boursier Deutsche Börse, mais pour un montant erroné, a indiqué un porte-parole de la banque à l'AFP.

L'opération n'a pas impliqué de "contrepartie" externe et devait représenter un montant très inférieur à celui viré en réalité, non communiqué par la banque.

Ce genre d'erreur comptable se produit au quotidien, mais en l'espèce, le montant erroné est très inhabituel et dépasse même la capitalisation boursière de la banque proche de 24 milliards d'euros.

L'incident, intervenant peu de temps avant l'éviction du britannique John Cryan à la tête de Deutsche Bank, le 8 avril dernier, a été rapidement réparé et aucun préjudice financier n'a été subi, assure la banque.

L'épisode soulève néanmoins de nouvelles questions sur l'efficacité de la gestion des risques et des contrôles au sein de la banque, que M. Cryan s'était fait fort d'améliorer dès son arrivée en 2016, après avoir fustigé l'état "minable" de l'informatique.

Un nouveau soubresaut s'est produit mercredi quand la banque a annoncé le prochain départ de la responsable de l'informatique et des infrastructures, Kim Hammonds qui avait intégré le directoire en 2016.

La dirigeante américaine était sur la sellette depuis qu'elle avait qualifié la banque de "compagnie la plus dysfonctionnelle" pour laquelle elle ait jamais travaillé, selon ses propos relayés fin mars par la presse et qu'elle n'a pas démentis.

Depuis deux ans, la banque a réduit le nombre des systèmes d'exploitation internes de 45 à 32, mais reste encore loin de l'objectif de n'en avoir plus que 4 à l'horizon 2020.

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