Deux grandes enseignes américaines restreignent la vente d'armes

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Deux grandes enseignes américaines ont annoncé mercredi leur intention de restreindre la vente d'armes dans leurs magasins, tandis que le président Donald Trump surprenait tout le monde en soutenant des mesures de contrôle des armes à feu, dans le cadre du débat relancé par la tuerie en Floride.

"Nous devons faire quelque chose. Nous devons agir", a déclaré Donald Trump lors d'une réunion à la Maison Blanche de membres du Congrès démocrates et républicains, durant laquelle il a soutenu des mesures pour le contrôle des armes plus fortes que celles prônées par son parti.

Il s'est prononcé pour des vérifications approfondies et des limitations d'achat pour les malades mentaux ainsi qu'un relèvement de 18 à 21 ans de l'âge légal pour acheter certaines armes.

Il a demandé aux législateurs des deux partis d'y travailler ensemble. "Vous avez peur de la NRA" (National Rifle Association), le puissant lobby américain des armes, a-t-il lancé à un sénateur républicain.

Alors que beaucoup se sont émus qu'à 19 ans, le tireur de Parkland ait pu acheter légalement un fusil d'assaut AR-15 tout en étant trop jeune, au vu de la loi, pour consommer de l'alcool, le géant des supermarchés Walmart a annoncé relever l'âge de vente des armes et des munitions dans ses magasins à 21 ans.

"Compte tenu des récents événements, nous avons revu notre politique sur les armes à feu", a expliqué le groupe dans un communiqué.

Depuis 2015, l'entreprise, qui assure se consacrer avec ses rayons d'armes aux "sportifs et chasseurs", ne vend plus de fusils d'assaut semi-automatiques. A l'époque, elle avait mis en avant non pas des considérations politiques ou sociétales, mais une baisse de la demande. Sauf en Alaska, Walmart ne vend pas non plus d'armes de poing.

Plus tôt dans la journée, au moment où les lycéens de Parkland reprenaient le chemin de l'école, Edward Stack, le PDG de Dick's Sporting Goods, une des plus grandes chaînes de magasins de sport des Etats-Unis, annonçait que son entreprise ne vendrait plus de fusils d'assaut semi-automatiques.

"Nous sommes profondément perturbés et attristés par les événements tragiques qui se sont déroulés à Parkland", a-t-il réagi, en révélant que sa société avait vendu en novembre 2017 une arme à Nikolas Cruz, responsable de cette tuerie qui a fait 17 morts il y a deux semaines.

"Ce n'était ni l'arme, ni le type d'arme utilisé par le tireur. Mais cela aurait pu être le cas", a reconnu Edward Stack. "Les pensées et les prières ne sauraient suffire", a-t-il insisté tout en exhortant à agir pour qu'une telle tragédie de ne se reproduise pas.

Outre l'interdiction de ces armes légales dans plus de 40 Etats américains, Dick's ne vendra plus de chargeurs à grande capacité et refusera la vente d'armes aux personnes de moins de 21 ans bien que certaines législations locales l'autorisent.

- 'Nous vous avons entendus' -

Le patron de Dick's s'est efforcé de ne pas heurter les partisans des armes, soulignant "soutenir et respecter le second amendement" de la Constitution qui autorise détention et port d'armes.

Pour autant, dit-il, la violence par armes est "une épidémie" qui tue des enfants.

Aux lycéens qui se mobilisent depuis la dernière tuerie pour bannir les armes, M. Stack a dit: "Nous vous avons entendus".

L'entreprise "implore" en outre les élus de réformer la législation sur les armes et de mettre en oeuvre des réglementations, à commencer par l'interdiction des armes de types fusils d'assaut semi-automatiques qui font des carnages.

Au-delà du symbole, l'annonce d'Edward Stack illustre la pression exercée actuellement sur les entreprises américaines pour se positionner dans le débat sur les armes.

Certaines ont d'ores et déjà pris leurs distances, ne souhaitant plus être associées à la NRA au risque de perdre de nombreux clients.

Les loueurs de voitures Hertz et Enterprise (Alamo, National), les assureurs Metlife et Chubb ou encore la société de sécurité informatique Symantec ont officiellement mis fin vendredi aux avantages consentis aux plus de 5 millions de membres de la NRA.

Dans leur sillage, les compagnies aériennes Delta Air Lines et United Airlines ont aussi supprimé les réductions accordées à ces mêmes membres.

La NRA a estimé que ces décisions étaient "un affichage honteux de la lâcheté civique et politique".

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