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Le procès "Air Cocaïne" s'ouvre malgré l'absence de deux acteurs clé

Le procès
Les deux anciens pilotes de chasse Pascal Fauret (d) et Bruno Odos arrivent à la cour d'assises spéciale des Bouches-du-Rhône pour le procès d'"Air Cocaïne", le 18 février 2019 à Aix-en-ProvenceGERARD JULIEN

La cour d'assises spéciale des Bouches-du-Rhône a entamé lundi l'examen de l'affaire "Air Cocaïne", en l'absence, dénoncée par la défense, de deux acteurs clé de ce dossier fleuve.

Des quatre Français interpellés en 2013 sur un tarmac de Punta Cana (République Dominicaine) au pied d'un Falcon 50 rempli de 680 kilos de cocaïne, seuls deux, les pilotes Bruno Odos et Pascal Fauret, 59 et 58 ans, sont jugés à Aix-en-Provence, aux côtés de sept autres accusés.

Les deux passagers du jet privé, Nicolas Pisapia et Alain Castany, ont obtenu ces derniers jours la disjonction de leur cas sur décision du président de la cour d'assises.

M. Pisapia, 43 ans, est le dernier protagoniste toujours en République Dominicaine de ce dossier d'importation de cocaïne "en bande organisée". Il se trouve sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter l'île, dans l'attente d'une décision de la cour suprême locale sur sa condamnation à vingt ans de prison.

Alain Castany, un septuagénaire définitivement condamné à la même peine par la justice dominicaine et qui a pu être rapatrié par la voie légale en France est quant à lui trop souffrant pour comparaître pour le délit "d'association de malfaiteurs".

Ces absences ont été dénoncées par les avocats de la défense, qui ont demandé, en vain, un report de ce procès-fleuve prévu sur sept semaines, dénonçant des manquements à deux principes du droit : l'oralité des débats et leur caractère équitable.

Après trois heures de délibéré, le président Jean-Luc Tournier a annoncé un "sursis à statuer" et la poursuite du procès, sans toutefois rejeter les demandes de la défense.

Le tribunal se laisse la possibilité de trancher plus tard, n'étant "pas en capacité, en l'état d'avancement de l'audience", de déterminer si l'accusation "repose sur les seules accusations" des deux acteurs manquant à l'appel, a expliqué M. Tournier.

Des peines allant jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle sont encourues au terme de ce procès, le plus important de l'année devant la cour d'assises à Aix-en-Provence, qui doit durer jusqu'au 5 avril. Un seul accusé soupçonné d'être le commanditaire, Ali Bouchareb, 47 ans, comparaît détenu. Les huit autres accusés sont arrivés libres lundi matin devant une cour d'assises spéciale composée uniquement de magistrats professionnels.

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