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EDF: le PDG Jean-Bernard Lévy en piste pour un nouveau mandat

EDF: le PDG Jean-Bernard Lévy en piste pour un nouveau mandat
Le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy donne une conférence de presse à Paris, le 10 octobre 2018ERIC PIERMONT

L'Etat a choisi de maintenir Jean-Bernard Lévy à la tête d'EDF pour un nouveau mandat, qui sera marqué par de nombreux chantiers, de la fermeture de Fessenheim à une possible évolution de la structure du groupe.

Emmanuel Macron s'est officiellement prononcé pour son renouvellement à la tête d'EDF, dont il est le PDG depuis fin 2014, a annoncé jeudi l'Elysée.

Le président "envisage, sur proposition du Premier ministre, de renouveler Jean-Bernard Lévy en qualité de président-directeur général d'EDF", écrit la présidence de la République dans un communiqué, en précisant que l'Etat en fera la proposition au conseil d'administration et à la prochaine assemblée générale d'EDF, prévue en mai.

L'Etat est actionnaire à 83,66% d'EDF, si bien que M. Lévy devrait être reconduit sans problème dans ses fonctions. La durée d'un mandat d'administrateur d'EDF est de quatre ans.

Les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat seront saisis de ce projet de nomination afin que les commissions compétentes des deux chambres se prononcent, précise l'Elysée.

Ce sera la première fois dans l'histoire récente d'EDF - depuis les mandats de Marcel Boiteux, qui en a été président jusqu'en 1987 - qu'un dirigeant effectuera plus d'un mandat à la tête de l'électricien.

"Sans être d'accord avec tout, c'est une bonne nouvelle pour l'entreprise, ça va donner un peu de stabilité dans un contexte qui est un peu mouvant et agité dans le secteur de l'énergie", a salué William Viry-Allemoz, secrétaire général CFE-CGC Energies.

- "Evolutions" -

La feuille de route du dirigeant sera en effet chargée pour ces prochaines années. Après de longs atermoiements, l'Etat a fini par présenter récemment sa programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) à l'horizon 2028, qui concerne au premier chef EDF.

Conséquence de la volonté de la France de rééquilibrer sa production d'électricité et d'y augmenter la part des renouvelables, l'électricien devra ainsi fermer l'an prochain sa centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin). Devront ensuite suivre ses centrales à charbon d'ici 2022, à moins qu'il ne parvienne à les convertir en intégrant de la biomasse.

EDF devra encore accélérer sa présence dans les énergies renouvelables, alors qu'il est pour l'instant surtout actif à l'étranger dans ce domaine.

L'Etat a aussi demandé à la direction d'EDF une réflexion sur de possibles "évolutions du groupe", notamment pour garantir ses revenus dans le nucléaire.

Le gouvernement a écarté tout démantèlement de l'entreprise mais réfléchit à une réorganisation par exemple avec une société mère et des filiales. L'Etat doit aussi se prononcer cette année sur une éventuelle montée au capital, a indiqué le Premier ministre, Edouard Philippe.

Sur le plan industriel, EDF doit en outre achever la construction du réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR à Flamanville (Manche), après de nombreux retards successifs et surcoûts.

Son démarrage conditionne la réflexion sur l'éventuel lancement de nouveaux chantiers d'EPR en France, a prévenu le gouvernement.

EDF dévoilera vendredi matin ses résultats annuels 2018, attendus en amélioration avec notamment une production nucléaire française en hausse.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) devrait se redresser: les analystes l'attendent à 15,2 milliards d'euros, selon un consensus établi par FactSet, après 13,7 milliards en 2017.

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