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Facebook: un ministre britannique juge insuffisantes les annonces de Zuckerberg

Facebook: un ministre britannique juge insuffisantes les annonces de Zuckerberg
Photo d'illustration prise le 22 mars 2018 montrant le logo de Facebook sur un écran à Kuala LumpurManan VATSYAYANA
Internet

Le ministre britannique de la Culture Matt Hancock a jugé jeudi insuffisantes les mesures annoncées la veille par le patron de Facebook Mark Zuckerberg pour protéger les données des utilisateurs après le scandale Cambridge Analytica.

"J'ai vu la nuit dernière que Mark Zuckerberg s'était excusé et avait dit qu'ils allaient faire des changements. Mais franchement, je ne pense pas que ces changements aillent assez loin", a déclaré le ministre sur la BBC.

"Il ne devrait pas revenir à une entreprise de décider quel est l'équilibre approprié entre la protection de la vie privée, l'innovation et l'utilisation des données. Ces règles devraient être établies par la société dans son ensemble et fixées par le Parlement", a-t-il ajouté.

"C'est l'approche que nous adoptons: les grandes entreprises de technologie doivent respecter la loi, et nous, nous renforçons la loi".

Sortant d'un long silence sur cette affaire, Mark Zuckerberg s'est dit mercredi "désolé" et a reconnu des "erreurs". Il a aussi promis de limiter l'accès aux données personnelles par les applications tierces -comme celle qui est mise en cause dans le scandale qui éclabousse le réseau social- et de les passer au peigne fin. Il a également promis d'informer tous les utilisateurs dont les données auraient pu être utilisées sans leur consentement.

Facebook est dans la tourmente depuis que l'entreprise britannique Cambridge Analytica (CA) est accusée d'avoir récupéré à leur insu les données de 50 millions d'utilisateurs pour élaborer un logiciel permettant de prédire et d'influencer le vote des électeurs, afin de peser dans la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016.

"C'était un énorme abus de confiance", a reconnu jeudi sur la BBC le directeur produits de Facebook, Chris Cox. "Notre modèle économique, ce n'est pas de distribuer des données à n'importe qui".

Les mesures annoncées par Mark Zuckerberg permettront de "verrouiller encore plus la plateforme" et de renforcer le "contrôle" sur les données des utilisateurs, a-t-il assuré.

Un des pionniers du web, le Britannique Tim Berners-Lee, a estimé que le scandale était un "moment important pour le futur" d'internet.

"J'imagine que Mark Zuckerberg est bouleversé par le fait que sa création ait été malmenée et utilisée à mauvais escient", a-t-il dit sur Twitter.

"Je lui dirais: +Tu peux régler le problème. Ce ne sera pas facile mais si les entreprises travaillent avec les gouvernements, les militants, les universitaires et les internautes, nous pouvons nous assurer que les plateformes (internet) servent l'humanité", a ajouté Tim Berners-Lee, qui fut l'un des premiers à développer l'idée d'un réseau mondial connecté.

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