Fermeture du "Village Voice", une institution new-yorkaise

(Belga) C'est fini pour "The Village Voice": en déclin depuis plusieurs années, le propriétaire du célèbre hebdomadaire culturel new-yorkais, a annoncé vendredi que le journal fermait boutique, citant une "réalité économique de plus en plus difficile".

"C'est une triste journée pour le Village Voice et pour des millions de lecteurs", a indiqué le propriétaire, Peter Barbey, dans une déclaration transmise à quelques médias new-yorkais. "Ces dernières années, le Voice a été confronté à une réalité économique de plus en plus difficile pour ceux qui créent du journalisme et la presse écrite. Comme beaucoup d'autres, nous étions constamment optimistes, pensant que les choses allaient s'améliorer rapidement. Où est la stabilité pour notre secteur, nous ne le savons pas pour l'instant. La seule chose que nous sachions, c'est que nous n'y sommes pas encore". A défaut de poursuivre l'aventure, M. Barbey a indiqué qu'un travail était en cours pour numériser les archives du journal, afin que les "générations futures puissent faire elles-mêmes l'expérience de ce qui constitue clairement un des trésors culturel et social de cette ville et de ce pays". "Le Village Voice met fin à sa couverture: Repose en paix", a tweeté une journaliste, Valerie Vande Panne, contributrice du journal. "Un ami venait de soumettre son papier, quand son relecteur lui a dit qu'il avait une bonne nouvelle: son papier serait le dernier à être publié par le Voice. C'est aussi, a alors ajouté le relecteur, la mauvaise nouvelle", a-t-elle raconté. M. Barbey avait racheté le journal en 2015, espérant encore "assurer son avenir". En septembre 2017, témoin de la crise de la presse écrite, il avait réduit la voilure en supprimant l'édition papier pour passer au tout-numérique. Il n'employait plus aujourd'hui que 15 à 20 personnes, selon le site d'informations new-yorkais The Gothamist. Près de la moitié des employés devaient cesser de travailler dès vendredi, tandis que l'autre moitié devrait rester encore un peu pour achever la numérisation, a ajouté le Gothamist, citant un discours de M. Barbey devant ses employés vendredi. Créé en 1955 par l'écrivain américain Norman Mailer, ainsi que Dan Wolf et Ed Fancher, cet hebdomadaire, très axé autour de la culture et de la politique et aux célèbres petites annonces, s'était vite imposé comme une institution. Né du bouillonnement culturel du quartier de Greenwich Village, le journal était un lieu où fusaient les idées, les débats, le doigt toujours sur le pouls de l'actualité, et des enquêtes de fond qui faisaient référence. Il avait notamment remporté trois prix Pulitzer. (Belga)

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