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Fin du statut à la SNCF: 100 millions d'économies par an

Fin du statut à la SNCF: 100 millions d'économies par an
Le Premier ministre Edouard Philippe (L) et la ministre des Transports Elisabeth Borne lors d'une conférence de presse à la suite de rencontres avec les syndicats de cheminots à Matignon, le 7 mai 20PHILIPPE WOJAZER

La fin du recrutement des cheminots au statut au 1er janvier 2020 permettra à la SNCF d'économiser environ 100 millions d'euros par an pendant 10 ans, a estimé mardi la ministre des Transports Elisabeth Borne.

"Ce sont des économies à venir qui ont été chiffrées à une centaine de millions d'euros par an dans les dix prochaines années", a dit Mme Borne sur franceinfo, alors qu'a commencé lundi soir le huitième épisode de la grève lancée début avril à la SNCF.

L'extinction du statut des cheminots est pour le gouvernement un point non négociable de sa réforme du secteur ferroviaire. Les syndicats, au contraire, y sont eux très attachés.

"Sachant que le statut cheminot est dérogatoire au code du travail et donc moins +cher+ sur bien des aspects (travail de nuit, week-ends et fêtes, mobilité géographique...), j'attends toujours avec impatience l'étude économique expliquant cela", a réagi sur Twitter Fanny Arav de l'Unsa ferroviaire (2e syndicat de la SNCF), économiste et administratrice salariée de SNCF Réseau.

Protecteur mais rigide, le statut de cheminot représenterait selon les calculs de la direction de la SNCF le tiers des quelque 27% de surcoût calculés par rapport aux concurrents du groupe public ferroviaire. Il concerne actuellement 131.000 personnes, sur 147.000 employés de la SNCF en France.

Il définit les bases du contrat de travail des cheminots et fixe l'essentiel des garanties collectives: conditions d'embauche, rémunération, déroulement des carrières selon des grilles très strictes, mobilité, congés, droit syndical, sanctions disciplinaires.

Les cheminots qui en bénéficient actuellement, et les nouveaux arrivants jusqu'à la fin 2019, en garderont les avantages.

Sur l'allègement de la dette de la SNCF, qui sera reprise progressivement par l'Etat à partir de 2020, Mme Borne a assuré qu'elle n'occasionnerait "pas de nouveaux impôts" pour les contribuables. Ce seront "des économies ailleurs" pour payer les intérêts de cette dette, a-t-elle dit sans plus de précision.

La ministre des Transports doit rencontrer vendredi les syndicats qui le souhaitent pour discuter des amendements à la réforme ferroviaire qui sera discutée au Sénat à la fin du mois. Le Premier ministre Edouard Philippe les a invités, lui, de nouveau les 24 ou 25 mai.

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