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Flamanville: vol de 150 cadenas sur des armoires contenant les systèmes de pilotage

Flamanville: vol de 150 cadenas sur des armoires contenant les systèmes de pilotage
Photo du 9 février 2017 du réacteur numéro 1 de la centrale nucléaire de FlamanvilleCHARLY TRIBALLEAU

EDF a porté plainte pour le vol de 150 cadenas posés sur des armoires contenant les matériels informatiques des systèmes de pilotage du réacteur EPR en construction à Flamanville (Manche), a-t-on appris jeudi auprès d'EDF.

"Compte tenu de la sensibilité des équipements et de la nature de l'acte de malveillance, on a porté plainte", début mai, a déclaré Bertrand Michoud, directeur des aménagements de ce chantier lors d'une commission locale d'information (CLI) aux Pieux, une commune proche de Flamanville. Une enquête a été ouverte par le parquet de Cherbourg, selon EDF.

Les scellés existants à l'intérieur de ces armoires "sont restés intègres. C'est quelque chose d'a priori rassurant mais on a néanmoins lancé la vérification de l'intégrité des bases du contrôle-commande. Ca va prendre plusieurs semaines", a ajouté M. Michoud.

Le contrôle-commande est constitué de l’ensemble des systèmes qui permettent de piloter une installation nucléaire.

Le volume de données à vérifier "est vraiment colossal", a précisé M. Michoud.

"Pour le moment, il n'y a pas d'impact sur le planning, si ce n'est les quelques jours pendant lesquels on a stoppé les opérations sur contrôle-commande, le temps qu'on remette la zone en sécurité", a indiqué l'ingénieur.

"Ce qui est important pour nous, c'est d'avoir au plus tôt une réponse à la question sur l'intégrité (des commandes ndlr). Tant qu'on n'a pas de réponse à cette question-là, il n'y a pas d'impact planning identifié", a-t-il ajouté.

Concernant des défauts de soudures annoncées début avril sur l'EPR, M. Michoud a indiqué jeudi qu'il était "trop tôt" pour répondre à la question de "l'éventuel ajustement du planning et du coût du projet".

En avril, EDF avait annoncé que ces conséquences seraient connues fin mai. Interrogé par l'AFP sur le nombre de soudures défectueuses sur les 150 en réexamen, M. Michoud a répondu: "on est encore en train de faire des analyses".

"L'ASN (l'Autorité de sûreté nucléaire, ndlr) est encore dans l'attente d'un bilan finalisé des contrôles" de la part d'EDF, a de son côté indiqué lors de la CLI Hélène Héron, chef de l'antenne normande du gendarme du nucléaire.

En conséquence, "l'expertise" de l'IRSN, bras technique de l'ASN, "n'a pas commencé", a indiqué à l'AFP Véronique Leroyer, de l'IRSN, en marge de la CLI.

L'ASN a par ailleurs relevé "une organisation et des conditions de travail qui ont globalement nui à la qualité des contrôles en fin de fabrication" de ces soudures. Le gendarme du nucléaire a fait ce constat après une inspection le 10 avril visant à "examiner la démarche mis en oeuvre par EDF et veiller à l'identification des causes profondes" des "défauts" de soudures.

Le gendarme du nucléaire a aussi pointé "une surveillance inadaptée de ces contrôles par EDF (maître d’œuvre du chantier qui emploie 4.700 personnes) et Framatome", fabricant de l'EPR.

Le démarrage de Flamanville est officiellement prévu à la fin de l'année pour une mise en service commerciale en 2019, avec sept ans de retard sur le calendrier initial et un coût de 10,5 milliards d'euros qui a triplé.

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