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Ford préfère la fermeture de l'usine de Blanquefort à la reprise par Punch

Ford préfère la fermeture de l'usine de Blanquefort à la reprise par Punch
Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire et des syndicalistes de l'usine Ford de Blanquefort, le 15 octobre 2018 à BordeauxNicolas TUCAT

Ford préférerait fermer son usine de Blanquefort, dans la banlieue bordelaise, plutôt que de négocier une reprise par le strasbourgeois Punch, a affirmé lundi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, se disant "en désaccord total" avec cette option.

"J'ai eu le président de Ford vendredi dernier au téléphone et le président m'a annoncé qu'entre une reprise du site par Punch et la fermeture de l'usine, l'option privilégiée par Ford était la fermeture de l'usine. Je suis en désaccord total avec ce choix", a dit M. Le Maire à Bordeaux, à l'issue d'une réunion avec des élus locaux et des représentants des quelque 850 salariés.

"S'ils pensent qu'ils peuvent mettre la clef sous la porte sans que ni l'Etat, ni les collectivités locales ne réagissent, ils se trompent! Nous allons nous battre et nous ne nous laisserons pas faire", a lancé le ministre.

"La position de Ford est indéfendable et ce qui indéfendable mérite d'être combattu", a-t-il ajouté.

"Rien ne justifie une fermeture sèche", a-t-il insisté, soulignant que l'Etat était prêt à investir 5 millions d'euros à Blanquefort, et qu'il avait alerté, aux Etats-Unis, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et le conseilller économique du président Trump.

"Je souhaite que nous nous mobilisions tous pour maintenir l'activité industrielle sur le site de Blanquefort et que plutôt qu'une fermeture nous allions vers une reprise par Punch qui est un repreneur solide", a-t-il dit.

Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole et maire de la ville, avait peu auparavant dénoncé lui aussi l'attitude du constructeur américain. "Ford continue à nous mener en bateau", avait-il lancé, en quittant la réunion avant la fin.

Fin février, Ford avait annoncé qu'il cessait tout investissement dans son usine de Blanquefort, qui fabrique des boîtes de vitesse, et qu'il recherchait un repreneur pour le site implanté dans la banlieue bordelaise depuis 1972.

Le mois dernier, le gouvernement avait annoncé que "des progrès significatifs" avaient été réalisés dans les négociations avec le repreneur potentiel Punch Powerglide, qui fabrique lui aussi des boîtes de vitesse.

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