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Gare du Nord: le projet de rénovation de nouveau sur les rails

Gare du Nord: le projet de rénovation de nouveau sur les rails
La gare du Nord en avril 2018 à ParisChristophe SIMON

Le projet controversé de rénovation et de transformation de la gare du Nord à Paris a franchi une nouvelle étape avec le feu vert accordé à son volet commercial, même si ses opposants ne s'avouent pas vaincus.

La Commission nationale d'aménagement commercial (CNAC) a finalement validé le projet, selon une décision mise en ligne vendredi, ouvrant ainsi la voie à la délivrance du permis de construire.

L'instance s'était réunie jeudi pour examiner ce projet controversé mené par SNCF Gares & Connexions et la foncière d'Auchan, Ceetrus, qui prévoit notamment la construction de commerces, bureaux et équipements culturels. Elle se prononçait après l'avis défavorable émis en juin par la Commission départementale d'aménagement commercial.

Le gigantesque chantier prévoit un véritable lifting de la première gare d'Europe, vieille de 155 ans et fréquentée par 700.000 voyageurs chaque jour. Moyennant 600 millions d'euros, le projet prévoit un toit terrasse végétalisé d'un hectare doté d'une piste de trail, un parking pour 2.000 vélos et une grande nef transversale.

Avec 88.000 m2 supplémentaires, la gare du Nord devrait atteindre une superficie totale de 124.000 m2, dont 46.000 m2 consacrés à des équipements culturels, une salle de sport ou encore des commerces et bureaux.

La décision de la CNAC portait uniquement sur le volet commercial, qui consiste en "une extension de 16.321 m2", selon l'avis mis en ligne.

Mais ce projet est très controversé. Une vingtaine d'architectes de renom, dont Jean Nouvel et Roland Castro, l'ont jugé "inacceptable" et "pharaonique", dans une tribune publiée dans Le Monde début septembre.

- des recours à l'étude -

La Ville de Paris qui l'avait d'abord soutenu, s'y est ensuite opposé, le jugeant trop commercial. "Ce projet, qui ne répond pas aux enjeux environnementaux actuels, doit évoluer significativement", a-t-elle réagi vendredi dans un communiqué prenant acte de la décision. Elle affirme qu'elle "proposera, dès la semaine prochaine, des pistes d'évolution au Préfet de région [qui doit se prononcer sur le permis de construire] et au président de la SNCF".

Jeudi soir, le Premier adjoint Emmanuel Grégoire n'excluait pas de déposer un recours si le projet restait en l'état.

"Sous la pression du gouvernement, la CNAC a fait le choix de défendre les intérêts du groupe Auchan contre l'intérêt général", a regretté auprès de l'AFP Didier Le Reste, conseiller de Paris PCF du Xe arrondissement.

La SNCF et StatioNord, le groupement chargé du projet, ont eux salué vendredi une "étape importante en vue de l'obtention du permis de construire", dans une déclaration transmise à l'AFP. Ils affirment aussi vouloir "maintenir un dialogue permanent avec l'ensemble de leurs partenaires".

- "ultraprioritaire" -

Le président sortant de la SNCF Guillaume Pepy avait mis en avant l'"urgence à désaturer la gare". La gare du Nord constitue en effet un véritable carrefour: les trains de la banlieue nord côtoient TER des régions nordistes, trains à grande vitesse de Belgique et d'Outre-Manche, et trois lignes de métro.

Le gouvernement défend lui ce projet. Le secrétaire d'État chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari a estimé qu'il était "nécessaire" pour les Franciliens et en prévision des JO-2024 de Paris, et a dénoncé cette semaine le "rétropédalage de la Ville de Paris", un "jeu politique" à quelques mois des élections municipales.

La présidente de la région Ile-de-France et d'Ile-de-France Mobilités Valérie Pécresse a aussi affiché son soutien au projet, le qualifiant "d'ultraprioritaire".

Du côté des candidats à la prochaine élection municipale à Paris, Pierre-Yves Bournazel (LR) soutient le projet, tout comme Benjamin Griveaux (LREM), qui a salué la décision de la CNAC sur Twitter, tandis que l'écologiste David Belliard a dénoncé, également sur le réseau social, "une décision absurde". A la suite d'un courrier adressé au PDG de la SNCF, M. Belliard sera reçu prochainement par Guillaume Pepy, a-t-il indiqué à l'AFP, évoquant, lui aussi, "la possibilité de faire un recours".

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