Gavin de Becker, l'ange gardien des stars au service de Jeff Bezos

Gavin de Becker, l'ange gardien des stars au service de Jeff Bezos
Gavin de Becker, ici lors d'une cérémonie le 25 mars 2017 à Los Angeles en hommage à Carrie Fischer, est connu comme l'un des meilleurs protecteurs des célébrités. KEVIN WINTER

Il a un CV en béton et une histoire personnelle qui font de lui l'ange gardien idéal: Gavin de Becker, l'homme que Jeff Bezos a recruté pour savoir qui s'en prenait à sa vie privée, est depuis longtemps un allié des célébrités menacées.

A 64 ans, la réputation de Gavin de Becker n'est plus à faire: cela fait longtemps que sa société, Gavin de Becker et Associates, qu'il a créée en 1978 à Los Angeles, passe pour l'une des meilleures sociétés de protection pour tout ce que l'Amérique compte de stars, de grands dirigeants d'entreprises ou de personnalités politiques.

"Je connais M. de Becker depuis des années, son expertise dans ce domaine est excellente, il est l'un des dirigeants les plus intelligents et les plus capables que je connaisse", écrivait Jeff Bezos dans le message où il révélait jeudi les tentatives de chantage des responsables du tabloïd The National Enquirer à son encontre.

Si Gavin de Becker veille discrètement à la tranquillité de célébrités américaines depuis des décennies, évaluant méthodiquement la dangerosité de tous les "traqueurs de célébrités" potentiels et conservant des milliers de lettres de menaces, lui-même n'est pas un personnage de l'ombre.

Son expertise est depuis longtemps connue du grand public, grâce à son livre "The gift of fear" ("le don de la peur", 1997), un succès de librairie qui lui a valu de nombreuses interviews, y compris chez Oprah Winfrey, et d'expliquer publiquement sa façon de détecter et de réagir aux menaces potentielles.

Face à une culture des célébrités en pleine expansion, il qualifiait son entreprise d'"inhabituelle".

"Elle ne peut exister qu'en Amérique et, à bien des regards, n'a besoin d'exister qu'en Amérique", écrivait-il.

- Grandi dans la peur -

Son enfance l'a pré-disposé à un tel métier: dans son livre, il raconte comment il a grandi dans la peur, confronté aux violences physiques que lui faisait subir sa mère, droguée, en proie à des troubles mentaux.

Au point qu'elle a essayé d'abattre le beau-père de M. de Becker, et qu'elle a fini par se suicider alors que son fils n'avait que 16 ans.

C'est après sa mort que M. de Becker commencera à fréquenter les célébrités, selon le Los Angeles Times: il ira habiter chez un camarade d'école dont la mère, chanteuse, le prend comme responsable de ses tournées.

Il rencontrera notamment Elizabeth Taylor, dont il deviendra l'assistant, et qui lui fera la première prendre conscience des dangers qui accompagnent la célébrité.

Il travaillera aussi pour la femme de Dean Martin, puis pour des vedettes comme Robert Redford ou Jane Fonda, et sera proche de Carrie Fisher.

Dès 1980, sa réputation en Californie est telle que, lorsque l'ex-acteur Ronald Reagan est élu président des Etats-Unis, c'est M. de Becker qui est chargé de protéger les invités à sa cérémonie d'investiture.

Sa réputation n'a fait que se renforcer ensuite, tant M. de Becker a prouvé qu'il pouvait être extrême dans la protection de ses clients.

Exemple: lorsque George Harrison tomba gravement malade, M. de Becker le fit emménager à une adresse secrète, qu'il ne révéla même pas aux proches de l'ex-Beatle: il leur donna une fausse adresse pour les guider ensuite vers la bonne.

Un subterfuge qui fut à l'origine d'une erreur dans l'adresse figurant sur le certificat de décès du guitariste, mort en 2001, qui dut être corrigée après coup.

Dernièrement, M. de Becker a aussi investi dans un terminal privé à l'aéroport de Los Angeles, qui permet aux célébrités de s'affranchir des formalités en toute intimité, "sans avoir à faire aux paparazzi", indique le site de ce service, "Private Suite".

La prestation se paie, au minimum, 2.700 dollars.

Combien M. de Becker facture-t-il ses services au richissime Jeff Bezos? Personne ne le sait mais le patron d'Amazon a lui-même indiqué l'avoir laissé libre d'utiliser "tout le budget dont il aurait besoin".

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