Gaz à effet de serre: "défis de taille" avec le pétrole, selon le Sénat canadien

Gaz à effet de serre:
Le Sénat du Canada à Ottawa, le 4 décembre 2015GEOFF ROBINS

La réduction des émissions de gaz à effet serre (GES) du secteur pétrolier, responsable de plus du quart des rejets au Canada, posera "des défis de taille", mais est "essentielle" pour que le pays respecte ses engagements en vertu de l'Accord de Paris, estime un rapport du Sénat canadien.

"Le secteur pétrolier et gazier du Canada produit 26% de toutes les émissions de gaz à effet de serre (GES) du pays", selon ce rapport d'étape d'un comité du Sénat canadien publié vendredi.

Ce Comité avait pour mandat d'examiner "la transition du Canada vers une économie qui produirait moins de dioxyde de carbone (CO2) et d’autres gaz à effet de serre, tout en demeurant prospère et dynamique".

Le comité note que le seul secteur pétrolier et gazier a rejeté dans l’atmosphère 189 millions de tonnes équivalents de CO2 en 2015.

Or, pour respecter les engagements qu'il a pris à Paris en décembre 2015, le Canada doit réduire de 199 millions de tonnes ses émissions annuelles de GES.

Les "activités en amont", soit l’extraction et la production de pétrole et de gaz, étaient à l’origine de 23% de ces émissions, tandis que le secteur du raffinage comptait pour 3%.

Pour le comité, "le plus grand défi qui se pose à l’industrie sera de trouver des moyens de demeurer compétitive et d’encourager l’investissement, alors qu’elle doit faire face à des exigences grandissantes de réduction des GES".

Selon les projections actuelles, le Canada émettra 722 millions de tonnes de GES par année d'ici 2030, alors qu'il devrait plutôt ramener ses émissions à 523 millions de tonnes pour se conformer à ses engagements internationaux.

"Le Canada a raté tous ses objectifs de réduction d'émissions depuis 1992", note le rapport en soulignant aussi que "les températures s'y réchauffent en moyenne deux fois plus rapidement que dans le reste du monde".

En 2015, l'industrie pétrolière et gazière a contribué pour 7,7% au produit intérieur brut, soit une activité économique de 142 milliards de dollars canadiens (92 millions d'euros) et 700.000 emplois directs et indirects.

Le gouvernement canadien mais aussi ceux des treize provinces et territoires élaborent en ce moment une panoplie de politiques visant une réduction des GES, dont la tarification du carbone et des règlements sur la diminution des émissions de méthane qui proviennent des secteurs pétrolier et gazier.

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