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GB: House of Fraser, nouvelle victime de la déroute des commerces

GB: House of Fraser, nouvelle victime de la déroute des commerces
L'artère commerçante d'Oxford Street dans le centre de Londres au moment des soldes du lendemain de Noël, le 26 décembre 2017Daniel LEAL-OLIVAS
Consommation

Les grands magasins House of Fraser sont venus s'ajouter à la longue liste des commerces de centre-ville en pleinte déroute au Royaume-Uni, avec la fermeture de la moitié de ses établissements, qui menace 6.000 emplois.

House of Fraser est une nouvelle victime dans le secteur de la distribution britannique où de nombreuses enseignes ont fait faillite ou ont engagé de lourdes restructurations ces derniers mois, en particulier face à la concurrence de la vente en ligne.

L'enseigne indique jeudi dans un communiqué avoir proposé une restructuration à ses créanciers, sans laquelle "House of Fraser ne pense pas avoir un futur viable".

Le plan sera approuvé si les créanciers votent au moins à 75% en sa faveur lors d'une réunion qui aura lieu le 22 juin.

Ce projet va se traduire par la fermeture de 31 des 59 magasins dont celui sur Oxford Street dans le centre de Londres, à partir de début 2019.

L'enseigne de moyenne gamme propose également le transfert de son siège actuellement à Londres, ainsi qu'une baisse de loyers pour 10 magasins qui seront préservés, afin de réduire ses coûts et lui permettre de se relancer.

Au total, ce sont 6.000 emplois qui sont menacés, dont 2.000 salariés employés directement par House of Fraser mais aussi 4.000 dépendant de commerces qui occupent des espaces de vente au sein des magasins de l'enseigne.

- Soutien de la Chine ? -

Fondée en 1849 à Glasgow (Ecosse), House of Fraser emploie directement 5.000 personnes et 12.500 supplémentaires via les concessions, au Royaume-Uni et en Irlande. Le chiffre d'affaires annuel du groupe atteint 1,2 milliard de livres (1,4 milliard d'euros).

"L'industrie du commerce connaît un changement structurel majeur et House of Fraser doit s'adapter très vite à cet environnement en rapide mutation", explique son président Frank Slevin.

"Si les fermetures de magasins représentent une décision très difficile (...), elles sont absolument nécessaires pour que nous continuions à exercer notre activité et être compétitif", selon lui.

En quête d'argent frais, l'enseigne avait négocié début mai le rachat de 51% du capital de sa maison mère par un conglomérat chinois, C.banner, qui possède déjà au Royaume-Uni les célèbres magasins de jouets Hamleys. Cette opération est toutefois conditionnée à la validation du plan de restructuration.

Les analystes étaient de leur côté peu optimistes sur les chances de rebond de l'enseigne, à l'image de Steve Dresser, chez Grocery Insight, cité par la BBC et qui estime que l'enseigne conservera encore trop de magasins.

"Il est difficile de voir comment l'activité peu repartir de l'avant avec la même offre qui n'est pas compétitive et peu attractive dans les points de vente restants", selon lui, alors que les grands magasins sont connus pour avoir des coûts fixes très importants, compte tenu du nombre de salariés et de l'ampleur de leur parc immobilier.

- L'ombre d'Amazon -

Les commerces physiques souffrent d'une conjonction de facteurs défavorables: montée de la vente en ligne, hausse des loyers des commerces, ou encore consommation des Britanniques contrainte par la poussée de l'inflation sur fond de Brexit.

Des milliers d'emplois ont été détruits du fait de la faillite du spécialiste des vêtements Calvetron, de la branche britannique des magasins de jouets Toys "R" Us, des boutiques de produits électroniques Maplin et des fabricants de lits Warren Evans.

Par ailleurs, des restructurations sont en cours chez l'enseigne de vêtement New Look, le marchand de tapis Carpetright, les magasins de maxidiscompte Poundworld ou encore le distributeur de vêtements pour enfants Mothercare.

"Chaque nouvelle fermeture de magasins affaiblit un peu plus les commerces de centre-ville et cela commence à devenir un cercle vicieux. Moins il y a de magasins pour attirer les gens, plus la fréquentation baisse", prévient Neil Wilson, analyste chez Markets.com.

Coïncidence: le géant américain du commerce en ligne Amazon en plein essor a annoncé mercredi qu'il allait créer 2.500 emplois au Royaume-Uni cette année.

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