En ce moment
 

GB: le Brexit plombe l'investissement dans le secteur automobile

GB: le Brexit plombe l'investissement dans le secteur automobile
Un concessionnaire Toyota à Twickenham (Ouest de Londres) le 26 janvier 2017Adrian DENNIS

L'investissement dans l'industrie automobile britannique a diminué de moitié au cours du premier semestre de 2018, principalement en raison des incertitudes entourant le Brexit, ont annoncé mardi les professionnels du secteur.

Les montants investis ont atteint 347,3 millions de livres (394 millions d'euros) sur la période au Royaume-Uni, que ce soit dans les nouveaux modèles, l'équipement et les usines, soit deux fois moins qu'un an plus tôt, selon les chiffres de l'Association des constructeurs et des vendeurs d'automobiles (SMMT).

L'association, qui tient mardi sa conférence annuelle à Londres, attribue cette tendance au flou qui règne quant à l'issue des négociations entre le Royaume-Uni et l'UE sur le Brexit, empêchant les constructeurs de se lancer dans de nouveaux projets.

"Il y a une frustration grandissante dans les instances de direction quant au faible progrès des négociations", prévient Mike Hawes, directeur général de la SMMT dans un discours qu'il doit prononcer dans la journée.

"La position actuelle, avec des messages contradictoires et des lignes rouges, va à l'encontre des intérêts du secteur automobile britannique qui a prospéré en étant intégré au marché unique et à l'union douanière", explique-t-il.

La SMMT explique que le chiffre d'affaires du secteur a atteint un record de 82 milliards de livres en 2017, récoltant les fruits des investissements passés, mais craint un sérieux coup de frein du fait du manque de clarté sur le Brexit, à neuf mois de la sortie de l'UE.

Ces difficultés interviennent en outre au moment où les ventes d'automobiles reculent fortement dans le pays en raison d'une désaffection envers le diesel.

L'industrie britannique n'a eu de cesse de réclamer le maintien dans l'union douanière et le marché unique afin d'éviter des droits de douane néfastes aux affaires.

Le secteur est exposé aux risques associés au Brexit puisqu'il dépend en grande partie des constructeurs étrangers implantés sur son sol. Il emploie 856.000 personnes et a exporté 1,33 million de voitures l'an dernier.

Dans la foulée du vote pour le Brexit du 23 juin 2016, la SMMT avait abandonné l'objectif de 2 millions de véhicules produits par an au Royaume-Uni qu'elle s'était fixée pour l'horizon 2020, alors que l'UE absorbe la majorité des exportations de voitures fabriquées au Royaume-Uni.

Les signaux d'alarme se multiplient dans les milieux d'affaires, le président de la principale organisation patronale britannique CBI ayant prévenu mi-juin que le Brexit menaçait d'extinction le secteur automobile, si le Royaume-Uni sortait de l'union douanière avec l'UE.

Plusieurs grands constructeurs ont laissé planer le doute sur leurs investissements futurs, comme PSA qui possède la marque Vauxhall, ou encore l'allemand BMW, propriétaire de Rolls-Royce.

S'exprimant lors de la réunion annuelle de la SMMT, le patron de BMW pour le Royaume-Uni, Ian Robertson, a tenu à minimiser les risques de voir le constructeur quitter le pays après le Brexit, mais s'est inquiété des répercussions sur la production.

"Il pourrait y avoir des retards (dans les échanges, ndlr) ce qui se traduira par le fait que la production sera ralentie pendant des heures ou des jours", a-t-il prévenu.

Un autre responsable de BMW au Royaume-Uni, Stephan Freismuth, s'était toutefois montré plus menaçant dans un entretien au FT mardi. "Si notre chaîne d'approvisionnement doit s'arrêter à la frontière, alors nous ne pouvons pas continuer à produire au Royaume-Uni", avait-il déclaré.

Vos commentaires