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Gestion d'actifs: Raby (Natixis) voit Paris leader en Europe continentale

Gestion d'actifs: Raby (Natixis) voit Paris leader en Europe continentale
Le patron de la branche de gestion d'actifs de la banque française Natixis, Jean Raby à Londres le 23 avril 2018DANIEL SORABJI

Le patron de la branche de gestion d'actifs de la banque française Natixis, Jean Raby, a confié à l'AFP sa confiance de voir la place de Paris devenir le leader incontournable du secteur en Europe continentale.

Interrogé en marge de la City Week de Londres, le directeur général de Natixis Investment Managers juge qu'en terme d'impact, le Brexit pourrait être dépassé par des facteurs sectoriels comme le besoin d'investissements "responsables" ou la révolution technologique.

Question: Quelles sont les perspectives pour la place de Paris dans la gestion d'actifs, au moment où le Brexit est sur toutes les lèvres ?

Réponse: On a une réelle opportunité pour faire de Paris le principal centre de gestion d'actifs en Europe continentale. On a déjà des leaders, les deux principaux gestionnaires sont basés à Paris, Amundi et Natixis Investment Managers. On a un écosystème, on a autour de nous les boutiques les plus réputées. Si on ajoute Axa et BNP, on a en tout quatre gestionnaires de taille conséquente à Paris - avec au moins 500 milliards d'euros d'actifs gérés chacun.

Il y a en outre la nouvelle approche en plein boom de l'Investissement socialement responsable (ISR). La capitale française a en outre l'avantage d'être le type de grand centre financier qui abrite le coeur de notre métier, la gestion des portefeuilles. Donc même si des places comme Luxembourg et Dublin croissent en tant que plates-formes d'opération, je ne les vois pas concurrentes de Paris sur ce que j'appelle la valeur ajoutée de la gestion d'actifs.

Au final, on a une opportunité au moment du Brexit, même si c'est surtout pour capitaliser sur les forces de Paris et pas nécessairement au détriment de Londres.

Q: Dans votre secteur, le Brexit a-t-il un impact fort sur l'attractivité de Londres ?

R: Dans les décisions d'investissement, c'est un facteur qui entre en ligne de compte, mais l'impact devrait être mineur quoi qu'il arrive, le Royaume-Uni restera un grand centre financier, un grand centre de gestion d'actifs. Je ne vois pas d'exode massif des gestionnaires de Londres vers Paris ou Francfort. Il y aura bien quelques mouvements mais pas majeurs, le plus important est qu'on va embaucher à Paris car la croissance est là !

En outre il devrait y avoir un accord entre Londres et Bruxelles sur les services financiers, car c'est dans l'intérêt de tout le monde, même si c'est sûr qu'on connaîtra un vrai cauchemar administratif avec des milliers de contrats à renégocier pour tout le monde. A la fin toutefois, je ne crois pas que le Brexit changera fondamentalement notre façon de fonctionner dans la gestion d'actifs et la conséquence la plus importante sera sur les mouvements des personnes qui travaillent.

Q: Après la mise en place de la directive européenne Mifid II, quels sont les principaux défis pour votre secteur dans les années à venir ?

R: Mifid II prévoit une tarification spécifique de la recherche financière et les fournisseurs de recherche vont se retrouver sous pression, peut-être vont-ils se combiner, peut-être verra-t-on une réduction du nombre de fournisseurs...

Au-delà, les principaux défis seront l'ISR et la technologie. Le tsunami de réglementation qu'on a vécu avec Mifid II et autres n'est rien comparé à l'impact que la digitalisation pourrait avoir sur notre activité, que ce soit l'investissement lui-même ou la relation client avec la distribution du produit. Notre industrie est un peu retard à ce niveau-là et un changement majeur pourrait advenir, comparable à ce que connaît l'hôtellerie avec l'arrivée d'Airbnb ou les transports avec Uber.

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