En ce moment
 

Grand débat: le blues rural de L'Hôpital-du-Grosbois, village du Doubs

Grand débat: le blues rural de L'Hôpital-du-Grosbois, village du Doubs
Des participants au grand débat national à L'Hopital du Grosbois (Doubs) le 18 février 2019Sébastien BOZON

"Le problème, c’est le mépris des élus LREM pour le milieu rural", attaque d'emblée Jean-Claude Grenier, maire et garagiste de L’Hôpital-du-Grosbois, petit village du Doubs qui organisait lundi à son tour un "grand débat".

Ils ne sont que cinq, tous retraités, plus le maire, alors que la date avait été fixée dès le 13 janvier et la publication de la lettre du président Macron. Ils se connaissent tous et engagent la discussion, debout, à l’entrée de la salle du conseil municipal.

Au bout de vingt minutes, force est de constater que personne d’autre ne viendra. "Pourquoi si peu de monde ?", s'interroge le maire de ce village de 580 habitants.

Président de la communauté de communes Loue-Lison, il rappelle qu’il a trois députés sur son territoire: "Eric Alauzet (LREM) et Annie Genevard (LR), quoi qu’on en pense, connaissent le terrain. Mais Macron a été élu avec des jeunes, parachutés députés, sans expérience. Fannette Charvier (LREM) m’a dit +Je fais de la politique nationale+, en oubliant d’écouter la base".

Serge, jeune retraité assis à la droite du maire, dénonce les décisions "prises d’en haut, à Paris", mais également "un mal plus profond" que la taxe sur les carburants, "étincelle qui a allumé le mouvement des gilets jaunes".

"Si les élus avaient été à l’écoute, ils auraient pu faire remonter les signes annonciateurs" comme les votes blancs et l'abstention, en hausse dans le village d’un scrutin national à l’autre, note-t-il.

- "Laisser la rivière aux pêcheurs" -

Les discussions – plus que des débats – se poursuivent autour "d’incohérences nationales".

"C’est pas bon de généraliser. Il faut faire confiance aux locaux, laisser la rivière aux pêcheurs", observe René, ancien conseiller municipal comme trois des quatre autres participants.

Serge opine et pointe le passage aux 80 km/h sur toutes les routes: "S’ils avaient écouté, les élus locaux auraient pu dire que sur la route de Charbonnières-les-Sapins, 80 c’est même trop mais pour aller à Pontarlier 90, c’était très bien".

Le maire souligne "un problème de cohérence sur le territoire" à l’image du dédoublement des classes de CP et CE1 dans des quartiers prioritaires, alors que "c’est justement cette classe qui va fermer à la rentrée à L’Hôpital-du-Grosbois".

En deux heures de discussions, le grand débat du village dresse un bilan plutôt sombre. Tout comme les quatre contributions sur le cahier de doléances, qui traitent toutes de la condition des retraités.

Le compte-rendu du débat et le cahier à la couverture bleue transparente seront remis vendredi au préfet. Et après ? "On verra si ce n’était qu’une diversion ou si on sera enfin écouté", dit René.

Du président, tous attendent des gestes forts. "Taxer les gens qui boursicotent" pour Serge, "revenir sur l’ISF" pour Claude. René propose de "remettre en question les indemnités des élus. Les anciens présidents de la République, ils n’en ont pas besoin. En plus, si on leur enlève, ils ne sont pas assez nombreux pour manifester !"

Vos commentaires