Grève à Air France: 50% des long-courriers au départ de Paris annulés jeudi

Grève à Air France: 50% des long-courriers au départ de Paris annulés jeudi
Un A380 d'Air France sur le tarmac de l'aéroport Charles-de-Gaulle, à Roissy, le 2 décembre 2016ERIC PIERMONT

Air France prévoit l'annulation de la moitié de ses vols long-courriers au départ de Paris jeudi, en raison de la grève pour les salaires qui concernera aussi bien les pilotes que les personnels navigants et au sol, a annoncé la direction mercredi.

Air France prévoit d'assurer au total "75% de son programme de vols compte-tenu d'un taux de grévistes estimé à 28% pour cette journée", précise-t-elle dans un communiqué.

Mais la compagnie n'assurera que "50% de ses vols long-courriers au départ de Paris". Elle précise que "75% de ses vols moyen-courriers au départ et vers Paris-Charles de Gaulle" seront assurés, et "85% de ses vols court-courriers".

Par ailleurs, "des perturbations et des retards ne sont pas à exclure", met en garde la compagnie, qui indique que le programme de vols sera mis à jour 24 heures à l'avance.

"Air France regrette cette situation et met tout en oeuvre pour limiter les désagréments que cette grève pourrait occasionner à ses clients", qu'elle invite à vérifier sur www.airfrance.com "si leur vol est opéré avant de se présenter à l'aéroport".

La compagnie conseille à ses clients de "reporter leur voyage ou modifier leur billet sans frais".

L'ensemble des syndicats représentatifs chez les pilotes (SNPL et Spaf) et les hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa-PNC et Unac), ainsi que trois organisations au sol (CGT, FO et SUD) et trois non représentatives (Alter pour les pilotes, CFTC et SNGAF côté PNC), appellent à la grève.

Ils réclament une hausse générale de 6% des salaires, arguant des bons résultats financiers de l'entreprise.

La direction a mis sur la table un projet d'accord prévoyant une augmentation générale - la première depuis 2011 - de 1% versée en deux temps, une revalorisation des indemnités kilométriques et une enveloppe d'augmentations individuelles (primes, promotions, ancienneté...) de 1,4% pour les seuls agents au sol, une "aumône" selon les organisations syndicales.

Une augmentation générale de 6%, que la compagnie chiffre à 240 millions d'euros soit "sensiblement 40%" du résultat (588 M EUR pour la partie française), serait "déraisonnable et irréaliste", a rétorqué mercredi le directeur général d'Air France, Franck Terner, lors d'une conférence de presse. Il a "déploré ce mouvement social", une "mauvaise chose pour l'image" de la compagnie et "pour l'entreprise" elle-même.

Tout en se disant "pleinement conscient des efforts faits" par le personnel, M. Terner a rappelé que la compagnie avait "pour la première fois depuis 2011 débloqué les grilles" de rémunération et "surtout négocié un accord d'intéressement" à hauteur de "130 millions d'euros", soit "à peu près 20% du résultat".

Au total, les salariés "percevront cette année entre 3 et 4,5%" de plus que l'an dernier, a affirmé le directeur général.

"Si nos résultats se sont améliorés", ils restent toutefois "significativement en dessous de ceux de nos compétiteurs", a observé M. Terner, "deux fois inférieurs à ceux de Lufthansa, trois fois inférieurs à ceux de British Airways". Il a plaidé pour un "équilibre" entre "une juste rétribution des efforts" des salariés et les "investissements" nécessaires à la compagnie.

Un rassemblement des salariés est prévu jeudi à 10H00 devant le siège de la compagnie à Roissy.

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