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Grève chez General Motors: coup dur pour les sous-traitants

La poursuite de la grève des ouvriers de General Motors depuis plus de trois semaines commence à peser sur l'activité économique dans le Michigan (nord) et le Midwest américain, alors que de plus en plus de sous-traitants renvoient les salariés chez eux.

Les mises au chômage technique ont progressivement affecté les fournisseurs des 31 usines américaines de GM depuis le début du mouvement social le 16 septembre, a déclaré Steve Gruener, président de la section locale du syndicat UAW (United Auto Workers) à Flint, dans le Michigan.

En plus des 1.800 salariés de GM en grève dans sa région, 1.200 autres employés par des sous-traitants sont désormais privés de travail, a-t-il déclaré à l'AFP lors d'un entretien téléphonique.

"Le coup porté à l'économie est déjà énorme", a déclaré M. Gruener, ajoutant que le syndicat était "déterminé à négocier un contrat juste et équitable pour nos membres".

"Nous resterons en grève aussi longtemps qu'il le faudra", a-t-il ajouté, alors que les discussions ont repris mercredi entre GM et le syndicat.

Près de 50.000 salariés américains de GM sont en grève pour réclamer des hausses des salaires et l'amélioration de la situation des salariés embauchés après le sauvetage historique du groupe de la faillite en 2009 par l'administration Obama.

Les revendications portent sur la sécurité de l'emploi mais aussi l'assurance santé et le statut des travailleurs temporaires.

- Incidence sur le PIB -

"Ce qui avait commencé comme un événement n'affectant qu'un groupe précis de travailleurs s'est maintenant largement répandu", a déclaré Brian Peterson, directeur de l'analyse économique chez Anderson Economic Group, un cabinet de recherche.

Dans un rapport cette semaine, le cabinet Anderson a affirmé que près de 150.000 travailleurs de l'industrie automobile ont été touchés directement ou indirectement par la grève, dont 25.000 salariés de GM et quelque 75.000 employés de sociétés de composants automobiles.

Au 30 septembre, l'agence d'assurance chômage du Michigan avait déjà traité les demandes d'indemnisation d'environ 5.000 travailleurs chez des fournisseurs de l'industrie automobiles à cause de la grève, selon une porte-parole du gouvernement du Michigan.

Les principales sociétés sous-traitantes ont également des activités importantes dans d'autres États du Midwest industriel, comme l'Ohio, l'Indiana et l'Illinois.

Et cette région comprend un certain nombre d'États clés qui pourraient jouer un rôle crucial lors de l'élection présidentielle de 2020.

Paul Traub, économiste à la Réserve fédérale (Fed) de Détroit a déclaré que le coût économique du conflit social dans le Michigan s'élevait à environ 42 millions de dollars par semaine sur la base des salaires perdus.

GM produit normalement 8.400 véhicules par jour aux États-Unis. L'arrêt de production revient à 100 millions de dollars de perte quotidienne environ.

"L'impact économique commence à être perceptible", a déclaré M. Traub à l'AFP, ajoutant que la perte de production d'un total de 2 milliards de dollars aurait une incidence sur les estimations du produit intérieur brut (PIB) du pays tout entier.

"C'est un coup dur pour la production de GM", a déclaré Kristin Dziczek, vice-présidente du Centre de recherche économique du Michigan.

La grève devrait également peser sur les résultats des fournisseurs de composants automobiles, conduisant les analystes de Wall Street à réduire les prévisions de bénéfices de grandes entreprises telles que Magna, un fournisseur canadien de General Motors.

"Nous continuons à surveiller la situation et à espérer une résolution à l'amiable", a déclaré un porte-parole de Magna.

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