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Grève: la patronne de General Motors à la table des négociations

Grève: la patronne de General Motors à la table des négociations
Des salariés américains de General Motors, dans le Michigan le 11 octobre 2019, en grève pour des hausses de salaires et une pérennisation des emplois notamment JEFF KOWALSKY

Mary Barra, PDG de General Motors (GM), a rejoint mardi la table des négociations avec le syndicat automobile UAW pour mettre fin à une grève qui paralyse la production du constructeur automobile aux Etats-Unis depuis le 16 septembre, a-t-on appris de source syndicale.

La présence de Mme Barra suscitait l'espoir pour parvenir à un accord de principe dans les plus brefs délais, d'autant qu'elle intervient au lendemain de l'envoi d'un courrier encourageant aux présidents de section de l'UAW par les responsables nationaux.

Dans cette missive, on leur demande d'être physiquement présents à Detroit jeudi, a dit une source syndicale, ce qui est un signe qu'ils devraient voter sur un accord mettant fin à cette grève pour une hausse des salaires et une pérennisation des emplois.

Ces informations étaient bien accueillies à Wall Street, où l'action GM bondissait de 2,34% vers 20H30 GMT.

Mme Barra "est là mais on n'a pas encore un accord", a toutefois prévenu Brian Rothenberg, un porte-parole de l'UAW.

Contacté par l'AFP, GM, propriétaire des marques Chevrolet, Cadillac, GMC et Buick, n'a pas souhaité commenter.

GM et l'UAW ont repris leurs négociations lundi, après une impasse due au rejet, la semaine dernière, de l'offre du constructeur sur les intérimaires et la pérennisation des emplois.

Les négociations achoppaient notamment sur le traitement des intérimaires ayant travaillé pour GM pendant quatre ans au moins.

Les deux parties auraient trouvé un compromis selon lequel ces salariés pourraient être titularisés au bout de trois ans, selon une source syndicale. Il n'est pas exclu que la durée retenue varie d'ici la finalisation d'un accord.

Près de 50.000 salariés américains syndiqués de GM sont en grève depuis le 16 septembre à l'appel de l'UAW. Ils réclament des hausses des salaires et l'amélioration de la situation des employés embauchés après le sauvetage historique du groupe de la faillite en 2009 par l'administration Obama.

"Tout le monde est affecté par ces cinq semaines de grève", avance les analystes de Bank of America Merrill Lynch.

Pour GM, qui produit normalement 8.400 véhicules par jour aux États-Unis, l'arrêt de production occasionne 100 millions de dollars de perte quotidienne environ, calculent les experts.

"Nous estimons la perte d'exploitation à 2 milliards de dollars pour GM", avance Bank of America, tandis que le manque à gagner est, selon la banque, de plus de 4.000 dollars nets par salarié.

Samedi, l'UAW a annoncé une hausse de 25 dollars de l'indemnisation hebdomadaire versée par le syndicat aux grévistes, à 275 dollars, et surtout l'autorisation de travailler à temps partiel ailleurs que chez GM sans voir cette enveloppe amputée, "à condition d'aider à tenir les piquets de grève", a indiqué le syndicat dans un communiqué.

Outre GM et les salariés américains, la grève pèse également sur des usines mexicaines et canadiennes et sur les fournisseurs de composants automobiles du constructeur, comme le groupe Magna.

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