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Guyane française: émotion après la mort d'un chef indigène au Brésil

Guyane française: émotion après la mort d'un chef indigène au Brésil
Un site illégal d'orpaillage, le 10 juin 2019 en Guyane françaisejody amiet

Plus de 150 personnes se sont rassemblées mardi devant le consulat du Brésil à Cayenne, en Guyane française, pour protester contre les pressions de l'orpaillage sur les peuples d'Amazonie après la mort d'un chef indigène au Brésil, ont indiqué les organisateurs.

"Ce qui s'est passé au Brésil aurait pu se passer en Guyane" française - un territoire amazonien où vivent 13.000 Amérindiens - a affirmé à l'AFP le leader autochtone Christophe Yanuwana Pierre, après le rassemblement. "Nous sommes confrontés à une même réalité en Amazonie, celle de l'orpaillage", a-t-il dit.

Le chef indigène Emyra Waiapi a été tué vendredi lors de l'invasion par une cinquantaine de mineurs, des "garimpeiros", du village de Mariry, dans l'Etat d'Amapa (nord), situé à 200 kilomètres de la frontière avec la Guyane française.

"Toucher à nos frères du côté brésilien, c'est comme toucher à notre famille", a expliqué à l'AFP Claudette Labonté, co-organisatrice du rassemblement devant le consulat brésilien.

"On ne peut pas accepter la politique" du président brésilien Jair Bolsonaro "qui veut exploiter l'or même sur les terres autochtones", a-t-elle ajouté.

Le Parc amazonien de Guyane a apporté mardi son soutien, dans un communiqué, à "la communauté wayãpi de l’Amapa face à ces agressions violentes et destructrices". "Il y a aussi déjà eu des accrochages très forts entre orpailleurs illégaux et des villageois de l'intérieur de la Guyane", a rappelé le secrétaire général de Guyane Ecologie, Michel Dubouillé.

Lundi, la Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU Michelle Bachelet a condamné le meurtre du chef indigène, conséquence, selon elle, du développement de l'exploitation minière en Amazonie prônée par Jair Bolsonaro. Ce dernier a affirmé qu'il n'y avait pas "d'indices forts" prouvant qu'Emyra Waiapi, chef de la tribu des Waiapi, avait été assassiné par des orpailleurs.

Le 17 juillet, trois soldats français sont morts accidentellement et un autre a été grièvement blessé dans une opération contre l'orpaillage illégal en Guyane française.

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