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Hayange fait partie des actifs de British Steel convoités par le fonds turc

Hayange fait partie des actifs de British Steel convoités par le fonds turc
Une barre d'acier sort d'un fourneau de l'usine de British Steel à Hayange, dans l'est de la France le 12 octobre 2016PATRICK HERTZOG

L'usine d'Hayange en Moselle est incluse dans les actifs de l'entreprise de sidérurgie British Steel qui sont en passe d'être rachetés par le fonds de pension de l'armée turque, a indiqué jeudi l'administrateur judiciaire britannique.

British Steel France Rail, nom de l'usine d'Hayange, qui produit des rails, "est incluse dans les discussions avec le repreneur Ataer Holdings", bras financier du fonds de pension Oyak, a précisé à l'AFP l'administrateur, confirmant une information du quotidien Les Echos.

C'est le cas également de l'usine d'acier long FN Steel aux Pays-Bas.

En revanche, l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) ne fait pas partie des négociations et ne sera donc pas rachetée par le groupe turc.

Ascoval appartient à la holding Olympus du fonds Greybull, qui était la maison mère de British Steel mais n'a pas fait faillite.

Le syndicat CFDT (majoritaire) de l'usine d'Hayange, qui fabrique des rails, n'était pas surpris par la perspective d'être racheté par Oyak.

"Depuis le départ, on était sûr qu'on était turc", a confié à l'AFP son délégué syndical Djamal Hamdani, alors que Greybull avait pour projet d'intégrer sous une seule bannière Ascoval et les actifs étrangers de British Steel, à savoir Hayange et FN Steel.

De son côté, le ministère français de l'Economie a affirmé être "en contact avec le fonds turc Oyak pour sonder leurs intentions concernant le site British Steel d'Hayange".

Oyak a été choisi pour mener des négociations exclusives afin de racheter l'entreprise de sidérurgie britannique en faillite British Steel. Les discussions doivent durer deux mois et, si tout se passe bien, le rachat sera conclu avant la fin de l'année.

Cette annonce a représenté un soulagement pour les syndicats britanniques qui craignaient pour l'avenir des 4.000 salariés de British Steel, dont la grande majorité travaille dans le complexe sidérurgique géant de Scunthorpe dans le nord-est de l'Angleterre.

Le futur propriétaire turc juge toutefois la productivité du groupe trop faible et pourrait de ce fait supprimer plusieurs centaines d'emplois, révélait en début de semaine le Financial Times.

Créé en 1961 un an après un coup d'Etat militaire, Oyak est un puissant conglomérat en Turquie, notamment actif dans le secteur de la sidérurgie avec 49% du capital du groupe turc Erdemir, dont l'activité serait complémentaire avec celle de British Steel.

"A priori, ce ne sont pas des gens qui achètent uniquement pour revendre le lendemain. Ils possèdent Erdemir depuis la nuit des temps", a souligné auprès de l'AFP Gérard Glas, président de British Steel France Rail, relevant qu'Oyak est "extrêmement rentable".

"(A Hayange) on n'a pas un problème de marché ou de client mais d'approvisionnement en acier. On est dans un marché qui est porteur, qui a de la croissance. Ce qui est vital pour nous, c'est qu'on nous garantisse nos approvisionnements en acier", a-t-il insisté.

British Steel avait racheté en 2016 l'usine d'Hayange au géant indien Tata Steel.

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