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Il n'y a plus assez de techniciens d'usinage en Belgique

C'est un métier technique, essentiel dans une chaîne de production mais pourtant peu valorisé. Technicien d'usinage. Le métier n'attire pas, à tel point que les usines ont du mal à trouver ces techniciens. Pour faire face à la pénurie, une toute nouvelle formation vient d'ouvrir ses portes à Gosselies. Un reportage signé Justine Roland Perez et Samuel Leratte.

Cours de mathématiques, lecture de plans, utilisation des machines : tout cela dans un seul but, apprendre à manipuler avec précision l'acier, l'aluminium, l'inox ou encore les matériaux compostes, pour fabriquer des pièces qui seront ensuite assemblées par les collègues. Les élèves suivent les instructions avec attention. Ils savent qu'ils vont devoir reproduire les gestes vite et bien pour devenir de bons techniciens en usinage.

Le métier est en pénurie. C'est d'ailleurs une des raisons qui les ont poussés à entamer cette formation. Les élèves sont confiants : "Je suis presque sûr d'avoir un métier et un bon avenir." "J'espère apprendre le métier correctement pour pouvoir être engagé dans une entreprise et avoir un travail." Et ils ont raison. Rien que dans le Hainaut et la province de Namur, une cinquantaine d'entreprises cherche des techniciens d'usinage. L'an dernier, l'agence wallonne pour l'Emploi, le Forem, a proposé 1.680 offres d'emploi pour des techniciens d'usinage. Seuls 1.021 candidats se sont présentés. Résultat, de nombreux postes restent vacants.

Aujourd'hui, les apprentis découvrent l'atelier pour la toute première fois. Exercice pratique : "Ici, l'usinage c'est quoi ? C'est enlever de la matière à partir d'une pièce brute pour faire un objet fini", explique Michel Debelle, un des formateurs. Son objectif à lui, c'est de rendre le métier concret et accessible à ses élèves. "Le tout c'est de comprendre. A partir du moment où on comprend et on pratique les bonnes actions, c'est comme tous les métiers, c'est un apprentissage. Je ne pense pas qu'il soit plus difficile de venir travailler sur une machine outil que d'apprendre un autre métier."

Accepter l'évolution du métier

Le métier se modernise constamment. Si les techniciens maîtrisent les techniques qui leurs sont propres, ils doivent régulièrement s'adapter à de nouvelles machines. "Il faut quelqu'un qui veut évoluer avec la technologie", souligne Bertrand Oger, responsable du centre de formation. "Même si c'est de l'usinage conventionnel, la technologie est derrière, l'informatique est derrière, c'est un métier qui permet d'avoir un potentiel d'avenir important."

Pourtant, les techniciens d'usinage sont rares, et les formations au métier aussi. Pierre Marquet est conseiller pédagogique à l'IFAPME, l'institut wallon de formation en alternance des indépendants et petites et moyennes entreprises : "Le métier est en difficulté au niveau de l'enseignement justement parce que c'est une qualification importante. Ici, on se lance le défi en se disant qu'on reprend les même jeunes, on va les plonger directement dans le bain de l'entreprise et voir si ça colle." Pendant trois ans, les étudiant sont formés dans le centre une journée par semaine. Le reste de temps, ils apprennent sur le terrain, dans une entreprise de la région, avec un contrat d'apprentissage.

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