En ce moment
 
 

Incendie de Rouen: prélèvements dans l'Oise, les agriculteurs "inquiets"

Incendie de Rouen: prélèvements dans l'Oise, les agriculteurs
Une vache et son veau dans un champ à Saint-Martin-du-Vivier (Seine-Maritime) le 30 septembre 2019, quelques jours après l'incendie de l'usine chimique LubrizolLou BENOIST

Des prélèvements doivent être effectués à partir de lundi dans l'Oise afin de "lever le doute" sur la présence éventuelle de produits chimiques dans les cultures suite à l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, ont annoncé les autorités, confrontées à l'inquiétude des agriculteurs.

"Dès cet après-midi, les services vétérinaires, de la protection des populations et de la direction régionale de l'agriculture vont se rendre dans une quarantaine de communes de l'Oise identifiées comme ayant une présence de suie pour prélever des échantillons de matière végétale ou de produits laitiers qui seront orientés vers un laboratoire", a annoncé lundi le préfet de l'Oise, Louis Le Franc, lors d'une conférence de presse.

Le spectaculaire incendie de l'usine chimique Lubrizol de Rouen dans la nuit de mercredi à jeudi a provoqué de nombreuses craintes sur la pollution de l'air et des suies retombées au sol. En conséquence, les autorités des Hauts-de-France ont interdit dimanche "à titre conservatoire" la récolte des cultures et des denrées alimentaires d'origine animale "jusqu'à l'obtention de garanties sanitaires sur les productions", dans 94 communes situées dans 4 départements (Nord, Somme, Aisne, et Oise).

"Les agriculteurs sont inquiets (...) La priorité est d'effectuer ces prélèvements pour lever le doute. Il peut y avoir des métaux lourds, des dioxydes, du plomb donc le principe de précaution s'applique pleinement", a déclaré M. Le Franc à l'issue d'une réunion de deux heures à Beauvais avec des représentants du monde agricole. Les premiers résultats sont attendus dans "environ une semaine".

"La collecte effectuée devra se maintenir et les produits collectés depuis le 26 septembre devront ensuite être détruits", a annoncé M. Le Franc. Cette situation entraînera des demandes d'indemnisation, "une question qui engage l'industriel donc son assureur. Il va également falloir que l'Etat soit en appui derrière cette mécanique pour que les indemnisations arrivent rapidement".

"On veut être sûrs que nos produits soient sains. Mais on veut surtout que le monde agricole ne soit pas oublié et qu'on soit bien indemnisés si on détruit nos productions", a insisté auprès de l'AFP Régis Desrumaux, secrétaire général de la FDSEA de l'Oise, disant compter sur le soutien de l'Etat.

Par ailleurs, selon le préfet, "il n'y a pas de problème sur la consommation d'eau du robinet ni sur la qualité de l'air" pour les habitants de l'Oise.

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a promis lundi une indemnisation totale aux agriculteurs affectés.

Face à l'incertitude, plusieurs associations, syndicats ou partis politiques, parmi lesquels la CGT de la Somme, la France Insoumise ou Europe Ecologie Les Verts ont appelé à manifester mardi à Lille et Amiens pour réclamer la "transparence complète sur les produits brûlés et les résultats d’analyse".

Adrien Quatennens, député La France Insoumise du Nord, réclame lui une commission d'enquête sur l'incendie. Il a confirmé à l'AFP avoir alerté le préfet dimanche de "poussière noire et collante" déposée par la pluie à Lille. La préfecture, elle, affirme n'avoir reçu "aucun signalement" dans cette ville, mais en a recensé un à Tourcoing.

Vos commentaires