Incendie mortel à Courchevel: la piste criminelle "sérieusement examinée"

Incendie mortel à Courchevel: la piste criminelle
Les pompiers éteignent un incendie dans un immeuble à Courchevel, le 20 janvier 2019Fanny HARDY

La piste criminelle est "sérieusement examinée" après l'incendie qui a tué deux personnes et blessé une vingtaine d'autres, dimanche à Courchevel 1850 (Savoie), dans un bâtiment où logeaient des saisonniers, a déclaré vendredi la procureure d'Albertville Anne Gaches.

"La piste criminelle est sérieusement examinée mais nous n'avons pas d'éléments tangibles permettant d'identifier un ou plusieurs auteurs", a précisé au cours d'une conférence de presse la magistrate qui avait précédemment participé à une réunion avec les victimes du sinistre, leurs familles et les enquêteurs.

L'enquête a pu déterminer que le feu s'était déclaré au deuxième étage de cet ancien hôtel où logeaient une soixantaine de saisonniers travaillant pour un groupe hôtelier, avant de se propager au troisième étage, où avaient été découverts les deux corps. Les autopsies ont conclu à "une mort par asphyxie".

Les éléments recueillis sur les lieux de l'incendie amènent les enquêteurs à "envisager qu'un produit accélérant la combustion a pu être utilisé", selon la procureure.

"Les victimes ont senti une odeur d'essence juste avant l'incendie et des témoins avaient également senti de l'essence un mois auparavant", a ajouté Mme Gaches.

Dimanche vers 4H30, un spectaculaire incendie s'était déclaré dans ce bâtiment construit dans les années 1970. Deux occupants sont morts, quatre ont été gravement blessés et 21 ont été plus légèrement touchés.

Les deux personnes décédées ont été identifiées : il s'agit d'une femme de 32 ans née à Mayotte et d'un homme de 50 ans originaire de Roubaix, tous deux employés dans des restaurants de cette station de sports d'hiver huppée.

- Des altercations -

Les blessés souffrent, eux, de "multiples fractures ou de polytraumatismes" au moment où ils ont tenté d'échapper aux flammes.

Ils sont de nationalité colombienne, uruguayenne, polonaise, belge ou encore italienne. Un comité local sera mis à disposition des victimes dès lundi en présence d'autorités consulaires étrangères.

Une information judiciaire, notamment pour "destruction par incendie ayant entraîné la mort" sera ouverte lundi et confiée au pôle de l'instruction de Chambéry. Selon Mme Gaches, cette enquête devra déterminer l'origine de l'incendie et si l'origine criminelle était avérée, d'en identifier les auteurs.

Les investigations porteront également sur les "conditions de sécurité" du bâtiment, qui devait prochainement faire l'objet d'une réhabilitation.

Un expert en incendie et un chien dressé à la détection des produits inflammables ont été dépêchés sur place dès lundi midi. Deux journées entières ont été nécessaires pour réaliser les constatations et procéder à de nombreux prélèvements.

Au cours des quelque 90 auditions réalisées par les enquêteurs, "de nombreux témoins ont évoqué des altercations qui ont eu lieu au sein du bâtiment dans les semaines précédant les faits sans que ne soit établi de lien formel avec le déclenchement de l'incendie le 20 janvier", a encore souligné la magistrate.

Une cellule de gendarmerie regroupant des militaires de la Section de recherches de Chambéry de du groupement de la Savoie a été constituée, afin de renforcer les gendarmes de Moûtiers.

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