Indonésie: port du voile obligatoire pour les hôtesses de l'air à Aceh

Indonésie: port du voile obligatoire pour les hôtesses de l'air à Aceh
Arrivée de deux hôtesses de l'air à l'aéroport international d'Aceh, en Indonésie, le 30 janvier 2018CHAIDEER MAHYUDDIN

La région indonésienne ultra-conservatrice d'Aceh a appelé mardi les compagnies aériennes du pays qui s'y rendent à obliger leurs hôtesses de l'air de confession musulmane à porter le voile islamique, faute de quoi elles seront sanctionnées.

Les musulmanes sont obligées de porter le voile à Aceh, province à la pointe nord de l'île de Sumatra et la seule d'Indonésie à appliquer la loi islamique (charia), tandis que les non musulmanes doivent avoir les bras et les jambes couvertes mais pas la tête.

Après avoir constaté que certaines hôtesses de l'air ne portaient pas régulièrement le voile islamique lors de courtes escales à Aceh, les autorités locales ont publié une nouvelle réglementation, a indiqué un responsable de district, Mawardy Ali.

"J'espère que les compagnies aériennes vont respecter la singularité d'Aceh, où la charia est appliquée", a-t-il déclaré à l'AFP, ajoutant que les autorités de la province allaient rencontrer des responsables de six compagnies aériennes concernées.

"Nous allons diffuser cette réglementation aux compagnies aériennes d'ici la fin de la semaine. Si une membre d'équipage (musulmane) ne se conforme pas à la réglementation, nous allons la réprimander. Si les infractions sont répétées, j'ordonnerai à la police de la charia de l'interpeller", a expliqué M. Ali.

Certaines compagnies aériennes telle Garuda, la compagnie nationale, ont déjà indiqué qu'elles appliqueraient la nouvelle réglementation.

Dans les autres provinces d'Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, de nombreuses femmes ne portent pas le voile.

Aceh a commencé à mettre en oeuvre la charia après avoir obtenu un statut d'autonomie en 2001 auprès du gouvernement central de Jakarta, afin de mettre fin à plusieurs décennies de rébellion séparatiste.

Des défenseurs des droits humains s'inquiètent du regain de conservatisme dans cette province où la police a interpellé le weekend dernier des femmes transgenres, leur a coupé les cheveux de force et les a contraintes à mettre des habits d'hommes.

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