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Intempéries en Rhône-Alpes: l'agriculture "en souffrance" face à des pertes colossales

Intempéries en Rhône-Alpes: l'agriculture
A la Roche-de-Glun, près de Romans en Isère des abricotiers touchés par la grêle, photo du 16 juin .PHILIPPE DESMAZES

C'est "l'heure du décompte" et les dégâts se chiffrent en "dizaines de millions d'euros": les exploitants agricoles d'Auvergne-Rhône-Alpes tentaient lundi d'estimer leurs pertes après les violentes intempéries qui se sont abattues au cours du week-end.

"J'ai vu depuis deux jours une agriculture en souffrance, avec cette tornade de grêle impressionnante, nous assistons à une situation humaine très grave, nous voulons rebondir", a déclaré le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, face à une centaine d'agriculteurs réunis sur l'exploitation de noix de Christian Boffelli à Les Pierres-Montagne (Isère).

"Il faut faire le recensement très objectif des dégâts et ensuite on va enclencher toute une série d'aides de l'Etat, de la région, du département", a assuré le ministre, en précisant que cette étape prendrait "beaucoup de temps".

M. Guillaume a toutefois dit espérer que "l'état de catastrophe naturelle puisse être donné assez vite".

"Comme on a cumulé tempête et grêle, j'ai perdu 100% de ma récolte à cause de la grêle, et une grande partie de mon outil de travail à cause de la tempête", dont "600 noyers en appellation +Noix de Grenoble+ arrachés sur 2.400 et 400 autres ébranlés et en sursis", a témoigné M. Boffelli. "Un arbre arraché, c'est dix ans de production perdue", a rappelé le nuciculteur, estimant qu'il s'agit du "pire épisode de (sa) carrière".

"On atteindra sans aucun doute plusieurs dizaines de millions d'euros de dégâts", a estimé Michel Joux, président de la FRSEA, branche régionale de la FNSEA, premier syndicat agricole du pays. Selon lui, des estimations chiffrées plus précises devaient être disponibles à la fin de la semaine.

Samedi, des orages aussi violents que brefs, accompagnés de grêle et de fortes bourrasques, ont touché jusqu'à neuf départements dans la région.

En Haute-Savoie, une touriste allemande de 51 ans est morte écrasée par la chute d'un arbre sur son camping-car. Les orages ont aussi fait un mort en Suisse, où une plaisancière s'est noyée dans le lac Léman au large de Genève.

- "Coup de massue" -

Les secteurs les plus touchés dans la région ont été l'arboriculture (noix, abricots, cerises ou pêches) en Isère, dans la Drôme et en Ardèche principalement, ainsi que la viticulture, également en Isère et dans la Drôme mais aussi en Savoie. Les exploitations céréalières et fourragères de Loire, Isère et Drôme ont également été frappées, a précisé M. Joux.

"Il y aura un impact sur les récoltes de l'année mais aussi des pertes sur les fonds car de nombreux arbres et ceps de vigne ont été arrachés ou fortement endommagés", a prévenu M. Joux.

Contacté par l'AFP en marge d'un déplacement lundi dans le Sud Grésivaudan, cœur de la nuciculture iséroise, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez a annoncé un "plan d'urgence de 5 millions en soutien immédiat pour les agriculteurs, qui sera doublé par des mesures d'aides d'à peu près 2 millions d'euros pour les artisans et commerçants".

"L'arrêt de catastrophe naturelle ne va pas résoudre tous les sujets", a assuré M. Wauquiez, soulignant que le dispositif ne couvre notamment pas la perte des récoltes. Le président de la région a ainsi réclamé des dérogations pour mettre en place un fonds régional d'assurance contre les calamités.

"Les exploitants agricoles ont pris un sacré coup de massue, juste à la veille de la récolte, là où les pertes sont les plus importantes", a déploré le président de la chambre d'agriculture de la Drôme, Jean-Pierre Royannez.

"Si on reste dans les dispositifs habituels - calamités agricoles, catastrophe naturelle ou garantie de pertes de fonds - on n'amènera rien ou très peu à des sinistres aussi importants, c'est pour cela que j'ai demandé au ministre (Didier Guillaume) des aides exceptionnelles car sinon, on risque d'avoir des exploitations qui ne se relèveront pas", a prévenu M. Royannez.

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