Issue incertaine pour la fusion Siemens-Alstom malgré de nouvelles propositions

Issue incertaine pour la fusion Siemens-Alstom malgré de nouvelles propositions
Le PDG d'Alstom Henri Poupart-Lafarge annonce à la presse le projet de fusion de son entreprise avec Siemens le 27 septembre 2017 à ParisThomas SAMSON

L'allemand Siemens et le français Alstom ont soumis de nouvelles concessions à la Commission européenne mais sont toujours sans certitude d'obtenir son feu vert à leur union, a confirmé lundi Alstom.

Cette prise de position intervient après la révélation vendredi que les deux groupes de construction ferroviaire avaient soumis de nouvelles propositions afin d'emporter la décision de la Commission, selon des sources proches du dossier.

Depuis leur première proposition le 12 décembre, "Siemens et Alstom ont continué le dialogue avec la Commission et ont décidé de modifier ces remèdes afin de répondre aux inquiétudes", explique le groupe français.

"Toutefois, il n’y a toujours pas de certitude que le contenu de cette proposition sera suffisant pour répondre aux préoccupations de la Commission. Une décision de la Commission est attendue d’ici le 18 février 2019", ajoute t-il dans un communiqué.

"L'ordre de grandeur en termes de chiffre d'affaires" des nouvelles propositions représente environ 4% du nouvel ensemble et "reste inchangé" par rapport à la proposition précédente, ajoute-t-il.

Selon une des sources proches du dossier, les deux groupes pourraient, dans le domaine du train à très grande vitesse, allonger la durée des licences technologiques qu'ils comptaient céder et en étendre le périmètre géographique à certains pays hors d'Europe.

Dans le domaine de la signalisation, les deux groupes offrent de céder de nouvelles activités.

La Commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager a exprimé à maintes reprises par le passé ses doutes sur la fusion, annoncée en grande pompe en septembre 2017.

Chargée de veiller à ce que l'union annoncée entre Alstom et les activités ferroviaires de Siemens en Europe n'écrase pas les plus petits groupes ou ne menace les prix, Mme Vestager s'inquiète de la position dominante que le nouvel ensemble aurait dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse.

Sur Twitter, le patron de Siemens, Joe Käser a interpellé la Commissaire européenne, au détour d'une déclaration de Mme Vestager sur "l'amour de l'Europe".

"Ceux qui aiment l'Europe, doivent façonner son avenir et non se perdre dans des formules rétrogrades. Qu'il doit être amer d'avoir raison sur le plan technique mais de faire tout de travers pour l'Europe", a tweeté lundi matin le patron allemand, dans une allusion à la position stricte de la Commissaire sur le droit de la concurrence.

Le patron met également en copie de son message les ministres allemand et français de l'économie, Peter Altmaier et Bruno Le Maire, fervents soutiens du projet.

Paris et Berlin ont, à maintes reprises, plaidé pour que la fusion soit acceptée par Bruxelles, estimant que la montée en puissance de géants chinois menaçait les groupes européens.

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