JAL et ANA référencent Taïwan comme une partie de la Chine

JAL et ANA référencent Taïwan comme une partie de la Chine
Un Boeing 777 de Japan Airlines (JAL) au décollage près d'un avion de All Nippon Airways (ANA) à l'aéroport international Haneda de Tokyo, le 2 août 2017Toshifumi KITAMURA
Chine

Les compagnies aériennes japonaises Japan Airlines (JAL) et ANA Holdings ont décidé de référencer désormais Taïwan comme faisant partie de la Chine sur leur site internet en langue chinoise, une décision de nature à satisfaire Pékin.

En avril, l'Autorité chinoise de l'aviation civile avait demandé à 36 compagnies aériennes étrangères de respecter la volonté chinoise de voir désigner Taïwan, Hong Kong et Macao comme des territoires chinois.

La Chine populaire considère que Taïwan fait partie intégrante de son territoire, même si l'île est dirigée de façon indépendante depuis 1949.

Le changement a discrètement été effectué par JAL et ANA le 12 juin, jour d'un sommet historique entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

L'appellation n'a pas été modifiée sur les sites web en japonais et dans les autres langues.

"Nous avons pris cette décision après consultation avec le ministère des Transports et le ministère des Affaires étrangères", a déclaré à l'AFP un porte-parole de JAL. "Le changement est survenu le 12 juin car nous avions terminé les préparatifs".

"Nous avons choisi une expression facile à comprendre et acceptable pour les utilisateurs de nos sites internet", a-t-il ajouté.

Un représentant d'ANA a fourni des explications similaires.

Le ministère taïwanais des Affaires étrangères a protesté auprès des deux compagnies et demandé que soit corrigé ce "titre inapproprié".

"Une fois encore, les autorités chinoises font excessivement pression sur l'espace international de Taïwan", a déploré le ministère, ajoutant qu'une telle attitude "ne pouvait qu'accroître le ressentiment parmi la population taïwanaise et gravement nuire aux relations" entre les deux pays.

Le gouvernement japonais a également exprimé ses inquiétudes vis-à-vis de la requête chinoise. "Nous ne sommes pas favorables à ce que des pouvoirs publics demandent à des compagnies privées de prendre des mesures basées sur une certaine opinion politique", a affirmé le porte-parole, Yoshihide Suga.

JAL et ANA ne sont pas les seules compagnies aériennes à agir de la sorte. La société australienne Qantas avait défendu début juin sa décision de "respecter les demandes" de Pékin. "Ce n'est pas aux compagnies aériennes de définir ce qu'est un pays, c'est aux gouvernements", avait affirmé son patron Alan Joyce.

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