Jean-Luc Azoulay, sitcom un jour, sitcom toujours

Jean-Luc Azoulay, sitcom un jour, sitcom toujours
Jean-Luc Azoulay le 6 avril 2019 à CannesJOEL SAGET

Hélène, les "garçons", la "cafèt"... Quasiment trente ans après avoir marqué une génération d'adolescents avec ses sitcoms, Jean-Luc Azoulay continue de creuser le sillon du marivaudage, en partie avec la même bande composée désormais de quinquas.

Après avoir fêté mi-mars le 500e épisode (20 saisons!) des "Mystères de l'amour" (sur TMC), le scénariste de 71 ans et ancien "A" de la société AB Productions, était à l'honneur au festival Canneseries.

Il est venu rencontrer le public avec ses acteurs, mélange d'anciens d'"Hélène et les garçons" (Patrick Puydebat alias "Nicolas", Sébastien Roch alias "Cri-Cri d'amour"...) et de nouvelles têtes comme sa protégée Elsa Esnoult, 30 ans, également chanteuse. Mais sans Hélène, la star de toujours.

Des acteurs qui forment une sorte de "troupe de théâtre", s'amuse l'infatigable scénariste, connu pour ses sitcoms à l'eau de rose et pour avoir fait les belles heures du "Club Dorothée".

"Les acteurs, c'est une vraie bande. Des couples se sont formés, des enfants sont nés. Parmi l’équipe technique, il y a encore des techniciens qui datent d’+Hélène et les garçons+", raconte l'homme-orchestre à l'AFP.

Car Azoulay écrit seul et à un rythme frénétique les épisodes des "Mystères de l'amour", troisième dérivé d'"Hélène et les garçons", après "Le miracle de l'amour" et "Les vacances de l'amour".

Avec des personnages nés il y a 27 ans, "il n'y a que moi qui ai tous les éléments en tête", dit-il. Quant aux nouveaux, il sont évidemment le fruit de son imagination.

Les héros ont vieilli mais les intrigues sentimentales -- lointainement inspirées des films d'Eric Rohmer -- sont toujours reines, s'adaptant au monde des réseaux sociaux et à des sujets dans l'air du temps comme le polyamour.

"La fiction doit toujours faire rêver sinon c’est du reportage. Si c’est pour montrer des gens dans des HLM, des maladies ou des agressions, ce n’est pas drôle du tout. Être dans de beaux endroits, avec des histoires romantiques et des rires, j’adore", souligne ce grand fan de la série "Big Bang Theory".

- Indifférent à la critique -

Dans ses scénarios, Jean-Luc Azoulay n'hésite pas à glisser des allusions sexuelles, sans jamais rien montrer à l'écran. C'est "tourné en dérision", dit-il, citant un personnage utilisant des menottes pour des jeux sexuels et... perdant la clé.

La critique, qui n'a jamais été tendre avec son travail, hier comme aujourd'hui, le laisse royalement indifférent. Tant que le public -- "les vrais gens" -- sont au rendez-vous.

Si "Les mystères de l'amour" ne rassemble plus jusqu'à 6 millions de téléspectateurs comme à la grande époque, la sitcom séduit et a attiré un public important à Cannes, en quête d'autographes.

Artisan dans ses méthodes de travail, Jean-Luc Azoulay garde un œil avisé sur les évolutions des médias et dit avoir dans ses cartons des projets avec les plateformes de streaming Netflix et Amazon.

Auparavant, "la télévision avait un problème: il fallait ratisser très large. Maintenant elle permet d’avoir des styles différents et des publics moins larges", estime ce "geek".

Nulle trace de nostalgie dans ce personnage aux mille vies, né en Algérie en 1947, qui débuta des études de médecine avant de devenir secrétaire de Sylvie Vartan et d'écrire plus de 3.000 chansons, certaines sous pseudonyme (Jean-François Porry).

Parmi elles, des tubes pour Dorothée ("Hou, la menteuse"), les Musclés ("La fête au village") et Hélène Rollès ("Je m'appelle Hélène", succès en Chine qui a valu à son interprète une invitation à l'Elysée pour la récente visite du président Xi Jinping).

Avec son associé Claude Berda, il créa en 1977 la société AB Productions, d'abord spécialisée dans le disco. Elle deviendra dans les années 90 le fournisseur en sitcoms françaises de TF1 et le producteur de Dorothée, animatrice-phare d'émissions pour enfants et jeunes adolescents, dont le fameux "Club Dorothée"

"Cette émission, j’en suis très fier", affirme Jean-Luc Azoulay, rappelant l'existence de contenus aujourd'hui un peu oubliés comme "Terre attention danger" sur l'écologie et "Club sciences".

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