Jim Ratcliffe, le milliardaire britannique qui veut changer de braquet

Jim Ratcliffe, le milliardaire britannique qui veut changer de braquet
Jim Ratcliffe, fondateur et propriétaire du groupe de chimie Ineos, le 20 novembre 2014 à LondresJUSTIN TALLIS

Discret fondateur du géant industriel Ineos et première fortune britannique, Jim Ratcliffe change de braquet en affichant haut ses ambitions dans le sport, en premier lieu avec la puissante équipe cycliste Sky qu'il prend dans sa roue.

Longtemps dans l'ombre, l'homme d'affaires de 66 ans a été propulsé sur le devant de la scène l'an dernier en devenant la première fortune britannique avec un patrimoine estimé à 21 milliards de livres (24,5 milliards d'euros), selon le Sunday Times.

Depuis, ce partisan du Brexit a défrayé la chronique en transférant selon la presse son patrimoine à Monaco, principauté connue pour son système fiscal avantageux pour les plus fortunés.

Muet sur le sujet, Jim Ratcliffe ne ménage pas ses efforts pour renforcer son groupe dans lequel il investit massivement bien au-delà de la chimie, son coeur de métier.

Le sport est désormais le moyen d'afficher ses ambitions au grand jour, ce qui tranche avec la culture de son groupe qui n'est pas coté en Bourse et dont la discrétion a longtemps été la marque de fabrique.

La reprise de Team Sky, la formation la plus puissante du peloton cycliste bientôt renommée Team Ineos, devrait augmenter spectaculairement la visibilité du groupe, même si elle ne va pas sans risque en raison des polémiques et soupçons entourant les pratiques de l'équipe.

- Hors des sentiers battus -

L'an dernier, Jim Ratcliffe a déjà investi 110 millions de livres dans Ineos Team UK, une équipe britannique de voile qui a pour objectif de remporter la prochaine édition de la prestigieuse Coupe de l'America en 2021.

Côté football, la presse britannique a récemment rapporté que ce supporter de Manchester United envisageait de racheter le club londonien de Chelsea - après avoir déjà pris sous son égide l'équipe suisse plus modeste du FC Lausanne.

M. Ratcliffe est aussi actif dans l'univers mécanique. Il a mis la main sur le spécialiste des vêtements de motos Belstaff et surtout veut se lancer dans l'automobile avec pour objectif de donner un successeur au célèbre 4x4 Land Rover Defender - avec BMW comme motoriste. Dans une vidéo sur le site internet du groupe, l'homme d'affaires se met d'ailleurs en scène au volant d'un 4x4 dans un cadre bucolique, en ventant les plaisirs de la conduite hors des sentiers battus.

Rien ne prédestinait pourtant Jim Ratcliffe à devenir milliardaire et à être anobli par la reine, lui qui a grandi dans un logement social dans la banlieue de Manchester (nord de l'Angleterre).

L'ancien étudiant en chimie de l'Université de Birmingham et titulaire d'un MBA de la London Business School a créé Ineos à l'âge de 40 ans. Son groupe, qu'il possède encore à 60% et dont il est PDG, est devenu dans l'ombre un mastodonte industriel dans un pays dominé par le secteur des services.

- JR et Dr No -

Ineos réalise désormais des ventes annuelles de 60 milliards de dollars (53 milliards d'euros) et emploie 18.000 personnes dans 24 pays. Ses produits chimiques se retrouvent dans de nombreux produits du quotidien, du gel douche aux médicaments.

Son groupe a grandi à coup d'acquisitions, dont celle en 2005 de l'entreprise de pétrochimie Innovene, filiale de BP, pour 9 milliards de dollars. Le milliardaire avait à cette occasion racheté la raffinerie géante de Grangemouth, en Ecosse, où ses rapports avec les syndicats ont été houleux.

Malgré sa réussite, l'homme est longtemps resté mystérieux, certains l'affublant de surnoms évocateurs comme "JR" de la série Dallas ou "Dr No", le méchant du premier film de la saga James Bond, selon un portrait publié par le Financial Times en 2014.

L'homme d'affaires s'est toutefois positionné sur le sujet épineux du Brexit, s'affichant comme l'un des rares patrons à soutenir la sortie de l'UE.

"Les Britanniques sont parfaitement capables de s'occuper des Britanniques et n'ont pas besoin que Bruxelles leur dise comment s'y prendre", avait-il assuré au Sunday Times un an avant le référendum de juin 2016.

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