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JO-2024: Paris va chercher de l'inspiration dans les transports de Tokyo

JO-2024: Paris va chercher de l'inspiration dans les transports de Tokyo
Dans une station de métro à Tokyo, le 24 juillet 2019CHARLY TRIBALLEAU

Pour mieux préparer les Jeux olympiques de Paris en 2024, le petit monde des transports publics de la région Ile-de-France est parti à la pêche aux bonnes idées à Tokyo, une ville-modèle de la mobilité qui organise ceux de 2020 dans exactement un an.

"J'ai trouvé les ingrédients de l'excellence !", s'enflamme Guillaume Pepy, le patron de la compagnie ferroviaire publique française SNCF, qui était du voyage.

"Ils sont déjà très, très, très, très bons, et là, ils se disent qu'il va falloir qu'ils soient totalement excellents", indique-t-il à l'AFP. "Ils vont devoir fonctionner à 100% toute la journée, et même étendre la journée - plus tôt, plus tard -, sans jamais souffler."

Alain Krakovitch, le directeur général de Transilien (la branche de la SNCF qui s'occupe des trains de banlieue) est convaincu qu'il y a beaucoup à apprendre en Asie en matière de transports collectifs, et la "Mass Transit Academy" - une structure interne de diffusion des "bonnes pratiques" dont il est à l'origine - avait organisé le déplacement, il y a quelques jours.

L'idée était aussi selon lui de "créer un collectif" avec toutes les parties prenantes des transports dans la région parisienne, qui seront forcément solidaires dans l'aventure olympique: l'autorité organisatrice Ile-de-France Mobilités (IDFM), la région, la RATP (qui exploite le métro parisien), la SNCF, Keolis (qui gère des lignes de bus) et le Comité d'organisation (Cojo) des JO parisiens.

Au programme: des déambulation dans les gares desservant les stades des JO tokyoïtes, des arrêts devant des écrans d'information, distributeurs de billets pour étrangers et marquages au sol, ainsi que des rencontres avec des exploitants, des élus, des représentants du Cojo japonais, des universitaires...

Le premier point qu'Alain Krakovitch retient dans la méthode japonaise pour préparer le plan de transport des JO est "assez classique". Il s'agit de s'assurer que les trains et métros fonctionneront bien, avec des matériels et des voies en excellent état, et aussi des plans de crise parfaitement rodés pour faire face à toutes les éventualités.

Les Japonais veulent aussi gérer au mieux les déplacements, en programmant les heures des différentes épreuves ou en organisant des spectacles pour faire patienter le public, et en exhortant les habitants à opter pour le télétravail.

- Analyses gare par gare -

La délégation francilienne a notamment rencontré Katsuhiro Nishinari, un spécialiste reconnu des flux de véhicules ou de piétons. Il a été invité en France à l'automne.

"Ses conclusions ne sont pas forcément intuitives", relève M. Krakovitch. Par exemple, les flux de voyageurs se libèrent apparemment plus facilement si l'on place un poteau devant la porte d'une rame... A tester !

Les différents participants sont convenus de se retrouver à la rentrée pour tirer les leçons du voyage au Japon.

Un certain nombre d'infrastructures annoncées dans le dossier de candidature de Paris-2024 ne seront pas prêtes à temps, à commencer par le train rapide CDG Express qui ne reliera l'aéroport de Roissy à la Gare de l'Est, à Paris, qu'en 2025 au mieux.

Le nouveau métro automatique du Grand Paris Express a lui aussi pris du retard: seule la ligne 14 actuelle doit être prolongée d'ici à 2024 au sud jusqu'à l'aéroport d'Orly et au nord jusqu'à Saint-Denis - site du village olympique -, où elle sera connectée à un tronçon devant rejoindre le pôle du Bourget et son centre des médias. Sauf aléas de chantiers...

Il faudra donc en grande partie faire avec l'existant, le matériel devant être largement renouvelé ou rénové d'ici là. "Et il va falloir faire gare par gare l'analyse des flux qu'on aura en fonction des horaires des épreuves", note Alain Krakovitch.

Heureusement, de nombreux habitants de la région parisienne seront en vacances pendant les JO, du 26 juillet au 11 août 2024.

Au-delà même des Jeux, la présidente de la région et d'IDFM Valérie Pécresse dit être venue chercher l'inspiration à Tokyo "pour réfléchir sur les transports du quotidien".

"On va reprendre un certain nombre des bonnes idées qu'on a vues. (...) J'ai regardé tout ça en me disant que j'allais mettre en œuvre les choses le plus tôt possible et pas forcément attendre les JO", insiste-t-elle.

Impressionnée par la propreté et la gestion des flux à la japonaise, elle retient en particulier les portes palières à mi-hauteur - bien plus légères que leurs cousines parisiennes - et les systèmes multimodaux d'information aux voyageurs.

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