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L'Airbus A380, c'est déjà fini!

Coup de tonnerre dans le monde du transport aérien, 12 ans après son premier vol commercial, Airbus annonce la fin de l’A 380. Le super jumbo, capable d’emporter 800 passagers, n’a jamais connu le succès escompté. Les livraisons cesseront en 2021, a annoncé Tom Enders, président exécutif de l'entreprise, dans un communiqué jeudi.

La compagnie aérienne Emirates a décidé de réduire ses commandes de 39 A380. Dans la foulée, la compagnie australienne Qantas a indiqué qu'elle ne se ferait pas livrer huit Airbus A380 qu'elle avait commandés en 2006. "La conséquence est que notre carnet de commandes n'est plus suffisant pour nous permettre de maintenir la production de l'A380", a déclaré Tom Enders. "Cela mettra un terme aux livraisons d'A380 en 2021." Emirates remplace cette commande par une autre pour 40 A330neo et 30 A350.

L'avionneur indique qu'il "engagera des discussions avec ses partenaires sociaux dans les semaines à venir concernant les 3.000 à 3.500 postes susceptibles d'être affectés par cette décision dans les trois prochaines années". Mais selon le constructeur, "l'actuelle montée en cadence (de production) de l'A320 et la nouvelle commande de gros-porteurs d'Emirates offriront de nombreuses possibilités de mobilité interne".

Cette décision était attendue, alors que le sort de l'A380 était lié à la décision l'an dernier de la compagnie du Golfe d'acquérir 36 A380 supplémentaires, ce qui donnait à Airbus "une visibilité pour au moins les dix ans à venir", avait assuré Tom Enders à l'époque. Mais Airbus ne s'était pas caché qu'en l'absence de cette commande, le programme était voué à s'arrêter. "Très honnêtement, si nous n'arrivons pas à un accord avec Emirates, il n'y aura pas d'autre choix que d'arrêter le programme", avait déclaré avant l'annonce de cette commande, l'ex-directeur commercial d'Airbus, John Leahy.Emirates est de loin la principale cliente du Super Jumbo, avec 178 appareils commandés dont plus d'une centaine a déjà été livrée. Au total, l'A380 a été commandé à 321 exemplaires, selon le site internet d'Airbus.


LA FIN DES SUPER JUMBOS par Christophe Giltay

En 20 ans nous aurons connu la disparition des deux avions commerciaux les plus extraordinaires et les plus antinomiques de l’histoire...

D’abord le Concorde, véritable Formule 1 des airs qui volait à deux fois la vitesse du son, et permettait de rejoindre Paris à New York en 3h30, soit deux fois plus vite qu’en Boeing 747. Mais il emportait peu de passagers, une centaine, sur une distance relativement courte 6000 km. C’était le produit d’un autre temps quand l’avion était réservé à une élite, d’ailleurs dans le Concorde il n’y avait qu’une classe, la première.

A la fin de son exploitation en 2003, après un terrible accident qui avait fait 113 morts à Gonesse en juillet 2000, on s’était fait une raison, le développement massif du transport aérien exigeait des autobus volants et pas des Formules 1.

Les Américains de Boeing l’avaient compris dès les années 60, quand ils avaient abandonné leur projet de supersonique pour inventer le jumbo jet, le 747, qui fête cette année ses 50 ans. Plus tard les européens aussi ont voulu leur super Jumbo, l’A 380, un mastodonte des airs à double pont, capable d’emporter 800 passagers sur 15 000 km. On allait voir ce qu’on allait voir !

Le premier vol commercial eu lieu en 2007, à l’époque on ne tarissait pas d’éloges sur ce zinc improbable, massif au sol mais qui avait l’air si léger une fois en l’air. Un peu comme l’aboutissement du rêve de Howard Hugues et son hydravion géant. Mais voilà dès le début les ennuis se sont accumulés notamment dans sa production, et puis cet avion a fait peur, il fallait adapter les aires d’embarquement à ses capacités, son entretien n’était pas facile, et puis surtout ses quatre moteurs étaient passés de mode.

Dans les années 1990-2000 qu’on a vu le développent de longs courrier à deux moteurs comme le Boeing 777 et l’Airbus A 330, puis de leurs successeurs les 787 et A 350. Moins de passagers certes ( 250-300 ) mais surtout moins de kérosène pour une autonomie comparable. Un point devenu crucial aujourd’hui. Malgré les commandes de la compagnie Emirates, Airbus ne produisait plus que six A 380 par an contre douze au début. Le constructeur européen a donc décidé de stopper les frais.

Alors que le 747 tire sa révérence à 50 ans, l’A380, 12 ans à peine, n’aura pas le temps de devenir adulte.

Après les supersoniques et les super jumbos l’époque est désormais au... super raisonnable.

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