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L'ancien vice-président argentin Boudou condamné pour corruption

(Belga) Amado Boudou, vice-président argentin de 2011 à 2015, a été condamné mardi à près de six ans de prison pour une opération de reprise controversée d'une entreprise imprimant des billets de banque alors qu'il était ministre de l'Economie, nouveau rebondisement dans un vaste scandale de corruption qui secoue son pays.

Sa condamnation survient alors que l'Argentine est secouée par un vaste scandale de versements de pots-de-vin à des hauts fonctionnaires par des dirigeants de grandes entreprises du BTP. Un tribunal de Buenos Aires a jugé M. Boudou, 55 ans, coupable de corruption et prise illégale d'intérêt. Immédiatement incarcéré, il a également été déclaré inéligible à vie, mais ses avocats devraient faire appel. Il avait été inculpé alors qu'il était encore vice-président de Cristina Kirchner - un poste qu'il a quitté en décembre 2015 -, puis placé en détention préventive en 2017. D'après le tribunal, alors qu'il était ministre de l'Économie (2009-2011), Amado Boudou et plusieurs autres personnes ont lancé un plan de sauvetage d'une entreprise privée en faillite, Ciccone Calcografica, qui détenait pratiquement le monopole de l'impression des billets de banque et des documents officiels en Argentine. La tentative de rachat de l'entreprise (70% des parts dans son cas) a finalement échoué, et l'Etat a nationalisé Ciccone Calcografica. Amado Boudou a toujours clamé son innocence. "Je n'ai jamais négocié pour mon compte, ni à travers de tiers, les 70% d'actions de Ciccone. La corruption présumée n'a aucun fondement, ni de lien avec les preuves car il n'a pas existé", a-t-il déclaré avant le verdict. Cinq autres personnes ont été condamnées dans cette affaire, dont l'ancien propriétaire de l'entreprise, Nicolas Ciccone. En début d'année, celui-ci avait obtenu un assouplissement de sa détention. Il avait alors été assigné à résidence car sa compagne, l'ex-députée mexicaine Monica Garcia de la Fuente, allait accoucher de jumeaux. Les condamnations ou accusations de corruption s'abattent sur l'administration Kirchner depuis son départ du pouvoir. "C'est un fait historique en Argentine que la corruption soit jugée. Il y a une justice en Argentine et elle agit en toute liberté", a déclaré la responsable de l'agence gouvernementale anti-corruption. (Belga)

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