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L'Argentine s'engage à stabiliser sa monnaie et respecter ses objectifs budgétaires

Le nouveau ministre argentin des Finances, Hernan Lacunza, a fait mardi de la stabilisation du peso sa priorité et s'est engagé à respecter les objectifs budgétaires fixés dans le cadre de l'accord conclu en 2018 avec le Fonds monétaire international (FMI).

La priorité du gouvernement sera "de préserver le taux de change comme objectif de premier ordre" et de "respecter les objectifs budgétaires", a déclaré M. Lacunza lors de sa première conférence de presse.

Hernan Lacunza, ancien directeur de la Banque centrale entre 2005 et 2010, a succédé mardi à Nicolas Dujovne, au gouvernement depuis janvier 2017 et qui avait annoncé sa démission samedi.

Ce départ faisait suite à une semaine de turbulences sur les marchés qui a vu le peso perdre plus de 20% de sa valeur et la Bourse plonger de 30%, dans la foulée de la défaite aux primaires, considérées comme une répétition générale avant le scrutin présidentiel d'octobre, du président de centre droit Mauricio Macri.

M. Dujovne était le principal initiateur de l'accord conclu avec le FMI pour l'obtention d'un prêt record de 57 milliards de dollars en échange de mesures d'austérité devant permettre d'équilibrer les comptes publics. Deux crises monétaires successives en 2018 ont fait perdre 50% de sa valeur au peso argentin.

"Permettre une plus grande volatilité" du peso "ne ferait qu'ajouter de l'incertitude et des pressions inflationnistes", a insisté le nouveau ministre.

Les marchés ont réagi négativement : à la clôture, l'indice Merval avait cédé 10,45%. La monnaie argentine s'est en revanche légèrement appréciée à 57,39 pesos pour un dollar, soit une hausse de 1,26%.

Lundi, alors que la Bourse de Buenos Aires était fermée pour cause de jour férié, les actions argentines cotées à New York avaient déjà chuté et le "risque pays", indice de solvabilité mesuré par JP Morgan, a dépassé les 1.800 points, un plus haut depuis dix ans.

Le FMI a annoncé mardi son intention d'envoyer "bientôt" une mission à Buenos Aires. "Nous surveillons de près les récents développements en Argentine et dialoguons avec les autorités", a déclaré Gerry Rice, porte-parole du FMI.

- Garantir la stabilité -

"Nous avons de nombreux arguments pour aller de l'avant, pour garantir la tranquillité des Argentins et pour léguer au prochain gouvernement (qui prendra ses fonctions le 10 décembre) une plate-forme cohérente et solide pour relancer la croissance", a déclaré le ministre.

Peu après, le président de la Banque centrale, Guido Sandleris, a ratifié l'objectif de stabilité du marché des changes.

Il a souligné qu'"il existe un large consensus sur le fait que le taux de change est désormais très compétitif". "La Banque centrale continuera de mener une politique monétaire restrictive" pour lutter contre l'inflation qui a atteint 25% entre janvier et juillet, a-t-il ajouté.

M. Sandleris a également assuré que des réserves internationales étaient disponibles pour modérer le taux de change et garantir la stabilité du système financier, un message destiné à rassurer les Argentins encore traumatisés par la profonde crise économique de 2001.

A l'époque, le pays sud-américain, incapable de faire face aux échéances de remboursement de sa dette, avait connu le plus important défaut de paiement de l'histoire et une très grave crise économique et sociale.

Les Argentins se rendront aux urnes le 27 octobre. Le péroniste de centre gauche Alberto Fernandez fait figure de favori, après sa large victoire aux primaires où il a remporté 47% des suffrages, loin devant le sortant, Mauricio Macri (32%) qui brigue un second mandat.

Sous pression, M. Macri a annoncé la semaine dernière des hausses de salaires et une réduction de l'impôt sur le revenu. Il a également décidé de geler le prix des carburants sans l'accord des compagnies pétrolières, et suspendu pour quatre mois la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les denrées alimentaires de base.

La troisième économie d'Amérique latine est en récession depuis 2018, avec un taux de pauvreté de 32% et un taux de chômage de 10,1%. L'inflation annualisée de 55% est l'une des plus élevées au monde.

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