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L'Etat britannique relance la privatisation de la banque RBS

L'Etat britannique relance la privatisation de la banque RBS
La Grande-Bretagne a vendu une partie du capital de la Royal Bank of Scotland, nationalisée pendant la crise financière de 2008Tolga Akmen

L'Etat britannique a relancé la privatisation de la banque RBS en vendant 7,7% du capital pour 2,5 milliards de livres (environ 2,8 milliards d'euros), ce qui constitue toutefois une mauvaise opération pour les finances publiques.

Le gouvernement, par l'intermédiaire de UK Government Investments Limited, l'entité chargée de gérer les participations de l'Etat, a dévoilé mardi matin dans un communiqué les résultats de cette vente dont le principe avait été dévoilé lundi soir.

La part de l'Etat s'établit désormais à 62,4% du capital de Royal Bank of Scotland, qui avait été sauvée de la faillite et nationalisée durant la crise financière de 2008.

Les pouvoirs publics ont vendu 925 millions d'actions au prix de 2,71 livres par titre à des investisseurs institutionnels, soit légèrement moins que le cours de clôture du titre lundi soir (2,8 livres).

Le gouvernement a choisi de relancer cette privatisation alors même qu'il n'est pas en mesure de rentrer dans ses frais puisqu'il avait payé le prix fort d'environ 5 livres par action lors de la nationalisation, déboursant au total 45 milliards de livres. Sur l'opération conclue mardi, les pertes pour les contribuables s'établissent à un peu plus de 2 milliards de livres.

Si l'Etat vend le reste de sa participation au même prix, les pertes totales pour l'Etat pourraient dépasser 20 milliards de livres, prévient Neil Wilson, analyste chez Markets.com, mais ce montant "doit toutefois être comparé au coût économique qu'aurait représenté une faillite de la banque".

- Réduire la dette -

"Cette vente représente une étape importante vers la privatisation de RBS en laissant derrière nous la crise financière", a souligné le ministre des Finances Philip Hammond, dans un communiqué.

"Le produit de cette vente va servir à réduire notre dette publique, ce qui est la bonne chose à faire pour le contribuable", a-t-il ajouté.

L'Etat avait annoncé en novembre dernier lors de la présentation du budget vouloir relancer la privatisation de RBS. A l'époque, le gouvernement avait expliqué vouloir tirer 15 milliards de livres de recettes sur cinq ans de cette vente, au rythme de 3 milliards par an à partir de 2018-2019 et jusqu'en 2022-2023.

L'Etat avait déjà tenté de se désengager de la banque en juin 2015, mais après s'être défait de quelques pour cent, il avait dû arrêter le processus face aux déboires de l'action sur les marchés. Celle-ci avait plongé notamment sous les 2 livres après la décision des Britanniques de quitter l'UE lors du référendum du 23 juin 2016, avant de remonter quelque peu.

- Retour aux bénéfices -

RBS est désormais en meilleure santé. Elle a dégagé en 2017 son premier bénéfice net annuel depuis la crise financière, après avoir englouti autour de 100 milliards de livres entre sa nationalisation, ses pertes opérationnelles, de nombreuses dépréciations et des amendes.

Au cours de ces dix dernières années, la banque autrefois tentaculaire a choisi de se recentrer sur le Royaume-Uni dans la banque de détail et pour les entreprises au prix d'une forte diminution de son périmètre et d'une réduction d'effectifs de près de moitié.

La banque s'est en outre enlevée une grosse épine du pied en acceptant en mai de payer une amende de presque 5 milliards de dollars pour régler un litige avec les autorités américaines lié à la crise des "subprime", un montant moins élevé que redouté par les analystes.

Le directeur général de la banque, Ross McEwan, a de son côté salué mardi la vente de ces parts de l'Etat. D'après lui, cela "reflète les progrès que nous avons faits en bâtissant une banque plus simple, plus sûre et qui entend satisfaire ses clients et ses actionnaires".

Le titre de RBS était quant à lui logiquement sous pression à la Bourse de Londres, en baisse de 3,38% à 2,71 livres vers 08H10 GMT dans un marché presque stable.

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